RETOUR SUR UNE SORTIE DE PISTE EXEMPLAIRE

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Anniversaire d’Abdou Diouf

Ce mardi 7 septembre, Abdou Diouf, qui a dirigé le Sénégal du 1 janvier 1981 au 1 avril 2000, fête son 86eme anniversaire. Il est intéressant que cette date tombe quarante-huit heures après la chute inattendue et humiliante d’Alpha Condé, président de la République de Guinée, quelques mois après sa réélection controversée.

Contrairement au dirigeant déchu de Conakry, l’ancien Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) reste principalement dans les mémoires pour ses succès diplomatiques, mais surtout pour sa sortie de pouvoir réussie après presque 20 ans aux manettes.

En effet, outre la formidable mobilisation du peuple sénégalais, Abdou Diouf fut le grand protagoniste de la première alternance démocratique de l’histoire du pays, mettant ainsi un terme à quarante années de mainmise du pouvoir du Parti socialistes (PS).

Petit flash-back en cette nuit du dimanche 19 mars 2000, date du second tour de l’élection présidentielle mettant aux prises Diouf à son rival de toujours, l’opposant historique, Abdoulaye Wade.

Alors que les radios dévoilent au compte-gouttes les premières tendances donnant un large avantage au Pape du Sopi, le Président sortant prend son téléphone et félicite son concurrent pour sa victoire, sans même attendre la proclamation officielle des résultats du scrutin. Il se murmure qu’à l’époque beaucoup de caciques du PS ont tenté de le convaincre de s’accrocher à son fauteuil présidentiel, mais que le successeur de Senghor est resté inébranlable à cette rhétorique jusqu’au boutiste.

« À partir du moment où un autre a gagné, je ne veux plus qu’on entende ma voix, dit alors le président sénégalais à Babacar Touré, à l’époque Président du Groupe Sud Communication. Je suis maintenant dans l’ombre, c’est lui qui doit être en pleine lumière ».

Cette attitude élégante et fair-play, pour reprendre une expression sportive, n’a pas inspiré d’autres chefs d’Etat du continent tels Gbagbo ou encore Jammeh. Diouf quant à lui, qui cultive la parole rare, malgré un bilan économique et social mitigé, apparaît désormais comme un des sages de la vie politique africaine et internationale. Et cela il le doit en grande partie à sa sortie de scène.

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