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SAMB DJIBRIL, L’ÉTERNELLE SENTINELLE DU PORTIQUE, APÔTRE DE LA « PHILEMPATHIE »

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Le prétexte de cette contribution nous aura été offert par l’annonce à nous faite par les soins de l’auteur lui-même de la toute nouvelle parution du tome 5 de la série « l’heur de philosopher la nuit et le jour » intitulé QU’IL EST DIFFICILE DE RESTER HUMAIN paru à l’HARMATTAN.

Le prétexte de cette contribution nous aura été offert par l’annonce à nous faite par les soins de l’auteur lui-même de la toute nouvelle parution du tome 5 de la série « l’heur de philosopher la nuit et le jour » intitulé QU’IL EST DIFFICILE DE RESTER HUMAIN paru à l’HARMATTAN.

Conversation à l’occasion de laquelle, mêmement, il nous apprit qu’il venait de terminer la mise en page du premier volume de sa biographie de Socrate à paraitre prochainement. Mais pourquoi est-il donc si « difficile de rester humain » ?

Précisément, oserions-nous répondre, parce que l(humanité n’est jamais définitivement acquise, qu’elle s’apprend, se réapprend, se transmet, se retransmet au long des générations et il en découle conséquemment qu’elle est toujours encline à se muer en son contraire. L’humain étant toujours ce qui contient virtuellement l’inhumain. Difficile chemin que celui de l’humain parce que, entre autres, le malheur de l’homme est d’avoir un corps selon la sagesse plotinienne mais plus fondamentalement difficile de « rester humain selon le professeur Djibril SAMB parce que nous avons perdu le septième sens de notre corps, celui de « l’humain compassionné ». Qu’est-ce que « L’humain compassionné » ? Le vieux tenant du portique (ainsi que se désigne lui-mème le professeur Djibril SAMB au cours de nos échanges) répondait sans équivoque déjà au tome III de L’HEUR DE PHILOSOPHER : « l’humain compassionné est celui qui est capable de sortir de soi pour aller à la rencontre d’autrui dans sa souffrance pour sinon l’atténuer, du moins la partager » écrit le Professeur Djibril SAMB avant d’ajouter dans son élan aux relents forts sartriens « Elan hors de soi et vers autrui, la compassion est une projection de soi dans autrui en même temps qu’une transposition d’autrui en soi. Aussi bien est-elle tout ensemble disposition d’esprit et conduite entièrement coulées dans l’empathie » p109 paragraphe du 05 Avril 2017.

Convenons que telle « disposition d’esprit, telle conduite coulées dans l’empathie ne sont pas ou ne sont plus monnaie courante en notre monde où plus que jamais le bestial est devenu l’humain et l’humain le bestial ! (pour rappeler au professeur Djibril SAMB sa jeunesse marxisante).

Donc « difficile de rester humain » et de retrouver la vertu thérapeutique de « l’humain compassionné » en nos sociétés présentes en lesquelles égoïsme et méchanceté offrent à la dynamique des échanges interindividuels son impulsion la plus forte. « Difficile de rester humain » et de devoir en même temps concéder à Arthur Schopenhauer que les deux premiers « ressorts fondamentaux des actions humaines » sont « a) l’égoïsme qui veut son propre bien (il est sans bornes) b)la méchanceté qui veut le mal d’autrui(elle va jusqu’à l’extrême cruauté » faisant que certains de nous ne se priveraient guère » de cirer leurs bottes avec les graisses du mort. Toutefois prenant longuement ses distances avec ce pessimisme noir du vieil homme de Francfort, le Professeur Djibril SAMB s’arme de l’heur de philosopher avec heur pour croire fermement et nous y inviter qu’il ne faudrait pas désespérer de l’humain. Ne point en désespérer parce qu’il est toujours possiblement porteur d’empathie, de pitié, de bonté sincère.

En cela le Professeur Djibril SAMB nous invité à méditer l’exemple de la pitié de Gomes Eanes de Zurara à l’endroit des esclaves prêts à embarquer vers l’inconnu et qui s’adressant au père, céleste dit cette prière : « Je te supplie que mes larmes ne souillent pas ma conscience, car ce n’est pas en pensant à la religion de ces gens, mais en considérant qu’ils sont des hommes que l’homme que je suis ne peut que pleurer de pitié sur leur souffrance ».

Sous un tel rapport, l’heur de philosopher du « vieux tenant de portique » est un philosopher de l’empathie, une empathie par le philosopher, une philosophie heureuse, apte à nous offrir les moyens de « rester humain » dans le difficile !
Chez Djibril SAMB, s’exprime un optimisme empathique, un optimisme de l’empathie. Au demeurant, écrit le maitre « il se peut que le pessimisme incite davantage à une conduite rationnelle que le naturel optimiste. Le naturel pessimiste dicte en effet une sorte de conduite prudentielle » .L’heur de philosopher toujours dans l’heur, n’en déplaise au vieillissement et à la vieillesse desquels il écrit : « il faut savoir changer le regard que nous portons sur le vieillissement et la vieillesse et, d’un regard de mort, en faire un regard de vie, un regard de vie joyeux ».

N’en déplaise à la mort car enseigner encore tout aussi superbement le professeur Djibril SAMB « comme la vie, la mort est aussi un don, un don de la vie. Aussi bien célébrer la vie c’est célébrer la mort ; tout autant que célébrer la mort, c’est célébrer la vie ». Aussi l’on comprendra qu’il soit difficile de rester humain si la mort est entendue comme négation de la vie et la vie comme mort de la mort !
Alors Professeur Djibril SAMB, ami, illustre et vénérable maitre, sentinelle éternelle de l’éternel portique. Je voudrais finir par vous inviter à emprunter à rebours les chemins de ces fontaines aux sources desquelles nous nous abreuvâmes sous votre guidance éclairée.

Entre autres, la fontaine à l’eau pure et sanctifiante du puits de SENEQUE, celui des lettres à lucillius.

« On songe moins à bien vivre qu’à vivre longtemps. Et pourtant chacun est maitre de bien vivre, nul ne l’est de vivre longtemps. La vie s’épuise à chercher les moyens de vivre. Regardez les individus, regardez l’espèce : tous ont l’œil fixé sur le lendemain. Quel mal y a-t-il à cela ? Dites – vous. Un mal immense. On ne vit pas, on se propose de vivre, vivre est renvoyé à plus tard… Une âme droite, honnête, élevée n’est-ce pas Dieu même venant habiter le corps d’un homme ? Or cette âme peut être celle d’un affranchi, d’un esclave, d’un chevalier romain. Qu’est-ce qu’un chevalier, un affranchi, un esclave ? Des noms inventés par l’orgueil des uns pour humilier les autres. Il n’est pas un point sur la terre d’où l’on ne puisse s’élancer vers Dieu ».

C’était il y a exactement trente-cinq ans. C’était au département de philosophie de l’UCAD. C’était en la fameuse salle 76. Il faisait toujours dix heures ! Comme ce matin ! Et comme ce matin il demeure difficile de rester humain ! Ce matin comme tous les matins du bon Dieu le tout est déjà de travailler à rester humain.

Professeur ELHADJI SONGDE DIOUF

21 février 2022


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