SÉNÉGAL - CONGO : LES LIONS ENTRE CERTITUDES ET INTERROGATIONS

news-details
ÉQUIPE NATIONALE

En programmant le match Sénégal - Congo, à la date du 13 novembre, la CAF ne laisse aucune marge de manœuvre aux deux équipes pour cette première journée des qualifications de la CAN Cameroun 2021.

Outre le fait de jouer a domicile, le Sénégal abordera cette rencontre avec beaucoup plus de certitudes et repères que son adversaire congolais. La stabilité de son groupe, depuis la CAN 2019, les certitudes et la confiance emmagasinées lors de son match de prestige face au Brésil sont autant d’atouts qui plaident nettement en faveur du vice-champion d’Afrique et première nation au classement FIFA / Zone Afrique. La seule interrogation pour le Sélectionneur Aliou Cissé, sera de savoir dans quel état physique seront certains cadres comme Sadio Mané et Mbaye Niang après les matches en milieu de semaine et ceux en championnat du week-end. Le tout combiné, le lendemain du match face au Congo, au voyage en Eswatini, pour la deuxième journée, ce dimanche 17 novembre.

OPPOSITION TACTIQUE

Tout laisse penser que, pour espérer ramener un résultat positif à Brazzaville, le Sélectionneur du Congo, le Brésilien Valdo, cherchera d’abord à bien défendre, en s’appuyant sur un bloc bas, histoire de contenir les individualités sénégalaises en fermant les espaces à l’intérieur et en bloquant les couloirs.

Un bloc bas du Congo appelle nécessairement un bloc haut du Sénégal. Dans cette perspective d’opposition tactique, le choix des hommes et leurs profils reste la première clé pour réussir à contourner ou percer un bloc bas. Le dernier match amical contre le Brésil servira au sélectionneur de base de travail et de référence pour composer une équipe compétitive avec des repères et certitudes même si le contexte et les réalités sont différents.

Le poste de gardien de but va certainement faire l’objet, en interne, d’une discussion entre le sélectionneur et l’entraîneur des gardiens, qui devront trancher un problème de riche : numéro un jusqu’à sa blessure avant le troisième match du Sénégal à la CAN, Edouard Mendy a vu son suppléant assurer l’intérim avec brio. En accumulant les matchs dans les cages des Lions, Alfred Gomis s’est installé peu à peu, profitant également de la nouvelle blessure de Mendy avant le match contre le Brésil, en plus de bénéficier de plus d’exposition en rejoignant le championnat de France. Maintenant que les deux portiers sont disponibles, il faudra trancher entre deux potentiels numéro 1 en puissance.

Titulaire à chaque fois qu’il a été disponible, Edouard Mendy part avec cet avantage, en plus de disposer d’un meilleur jeu de pied, très utile pour une équipe qui joue avec un bloc haut et une défense qui va laisser des espaces dans son dos... Seul bémol pour lui, ses récentes contre-performances avec Rennes et son retour de blessure.

En défense, en l’absence de Salif Sané, en convalescence après une opération, Cheikhou Kouyaté devrait reculer d’un cran comme lors de la dernière CAN, pour constituer l’axe central avec Kalidou Koulibaly. Lamine Gassama, bien installé à droite et Racine Coly, profitant des absences de Sabaly et Saliou Ciss, pour occuper le côté gauche, devraient gérer les cotés de la défense. La défense étant une question de langage commun et d’automatismes, la sagesse recommande au sélectionneur de renouveler sa confiance aux trois défenseurs qui avaient participé à tenir la dragée haute à l’armada offensive brésilienne.

Au milieu du terrain, la sentinelle devrait changer de profil. Pour le match contre le Brésil, Cheikhou Kouyaté avait rempli ce rôle, du fait de son impact physique et sa capacité à être performant défensivement, en sachant d’avance que la possession allait être brésilienne. Ce qui ne sera certainement pas le cas face au Congo. Le Sénégal aura le ballon et devra se donner les moyens de bien l’utiliser. Le triangle du milieu, lors du dernier match contre Madagascar, avec Pape Alioune Ndiaye comme pointe basse ou sentinelle, Idrissa Gana Guèye et Krépin Diatta comme relayeurs avaient rendu une copie propre dans les mêmes configurations tactiques.

Trois profils alliant technique, vivacité, mobilité et disponibilité pour recevoir le ballon et le relayer. Toujours au pressing et prêts à se projeter vers l’avant dès la récupération du ballon pour créer le surnombre. C’est un trio techniquement armé pour trouver les décalages et prendre proprement le jeu à son compte. Tout en espérant que Gana reste dans son registre : pas celui contre le Brésil, avec une touche de trop par ci, un mauvais choix par là.

En attaque, Mbaye Niang devrait retrouver sa place à la pointe, son registre est plus complet et varié que celui de Famara Diédhiou et Habib Diallo. Sa technique de prises de balle au sol, ses déviations, sa capacité à jouer en une-deux dans la densité au milieu de l’axe adverse, avec les joueurs qui viennent de derrière créent plus de doute chez les défenseurs adverses. Il servira d’appui à Sadio Mané et sans doute Ismaila Sarr sur les côtés pour percuter et contourner le bloc bas congolais.

Faute de séances d’entrainement avec un groupe au complet, ce sont les seules certitudes de l’entraineur, Aliou Cissé.

Pour les joueurs des côtés, il s’agira surtout d’être précis sur les centres une fois le décalage fait. Ismaila Sarr, resté longtemps sans jouer sera-t-il suffisamment apte pour démarrer la rencontre ?

DES POINTS FAIBLES À GOMMER

Les coups de pieds arrêtés : s’il y a un domaine dans lequel le Sénégal n’a pas progressé sous lère Aliou Cissé, c’est bien dans les coups de pieds arrêtés. Ce n’est sans doute pas faute de répéter les gammes pendant les séances d’entrainements d’avant-matches, mais c’est d’avantage faute de tireur capable de mettre le ballon dans les bonnes zones pour les grandes tailles. Face aux blocs bas, les balles arrêtées sont une clé redoutable pour débloquer la situation.

Les entames de match : en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, face à l’Algérie, ainsi que lors du match amical contre le Brésil, le Sénégal a toujours pris un but dès les dix premières minutes. Cela dénote d’une difficulté à entrer dans un match ou d’un manque de concentration qui risque de se payer cash si cette situation perdure.

Le Congo qui jouera avec ses moyens, faute de pouvoir rivaliser avec le Sénégal sur le plan technique et du vécu, misera sur son organisation, son enthousiasme, sa solidarité, son collectif, pour créer l’exploit à Thiès.

Vous pouvez réagir à cet article