image

SÉNÉGALAIS CHERCHENT DÉSESPÉRÉMENT ALTERNATIVES AU PAIN

image

Après l’annonce de la hausse de 25 f sur le coût de la baguette de pain, au grand dam des consommateurs, les boulangers ne vont pas tarder à passer à l’action. La nouvelle est diversement accueillie. La qualité préoccupe plutôt d’aucuns.

Devant une boulangerie située à Dieuppeul-Derklé, les clients entrent et sortent librement avec leurs miches de pain. Camoufler dans un pullover noir, le jeune boulanger se sent déranger par la demande incessante des clients. « Le kilo de pain coûte combien ? Le prix a augmenté ou pas ? Derrière son comptoir, le jeune répond nonchalamment, « non ! Le Kilo coûte 150 FCFA ». Il est au courant de la hausse de 25 FCFA sur le prix de la baguette. « J’attends mon patron, pour en savoir un plus », laisse-t-il entendre. Sur sept boulangeries visitées, entre Khar Yalla, Dieuppeul et Castors, cinq ont affirmé qu’ils sont au courant du nouveau tarif. « On ne peut pas automatiquement appliquer la décision. Actuellement, nous produisons avec le stock. Mais nous allons appliquer le nouveau prix dès que possible », pense un caissier, au marché castors.

Le blues des vendeuses de petit-déjeuner

Depuis l’annonce de cette décision, certaines familles l’ont accueillie bon gré malgré. « Même la baguette à 150 FCFA ne m’arrangeait pas. Chaque matin j’achète 12 miches de baguette pour toute la famille. Si on y ajoute à nouveau 25 FCFA, c’est la catastrophe », se désole-t-elle. Désormais, le poids passe de 190 g à 200g. Chose que Ya Maï, n’arrive pas croire. « Les boulangers ne respectent jamais le poids indiqué. Je vends du petit déjeuner depuis une quinzaine d’années et par expérience, je sais que les boulangers ont toujours triché sur le poids de la baguette », regrette Ya Maï. Daba, une femme qui vend du petit déjeuner en face du terrain Khar Yalla, s’est désistée, « aujourd’hui, je ne vends pas. Ce que j’ai entendu sur le pain ne me rassure guère. Je suis en train de voir comment ajuster mon prix, sinon je ne m’en sortirais pas », lance-t-elle.

La bouillie de mil (fondé) a la cote

Au rond-point liberté VI, des jeunes gens forment une ronde autour d’une dame qui sert de la bouillie faite à base de mil, accompagnée de lait. Pour certains, la hausse du prix sur le pain ne leur fait ni chaud, ni froid. « Ne pas manger du pain, n’a jamais tué une personne. Chez nous au Saloum, on s’en passe. Ce sont les Dakarois qui se soucient du pain », lance-t-il, tout en enchaînant des cuillerées, avec gourmandise. Un vieux assis à côté de lui, a déjà fini son bol et va droit au but, « on n’a qu’à s’en prendre à nous même. Le Sénégalais aime trop le pain : matin, midi et soir, du pain. Il ne produit pas de blé et ne fixe pas non plus le prix de la farine. Quand on importe tout, on doit s’attendre à tout », tonne-t-il. Pour lui, l’Etat doit privilégier la farine de mil pour, « non seulement économiser de l’argent, mais aussi créer de l’emploi ».

Les bons points du pain

Koffi Michel est un étudiant ivoirien. Ce futur diététicien-nutritionniste, reconnaît les bienfaits de la miche, « le pain contient une quantité non négligeable de fibres alimentaires. Il comporte en moyenne 50% d’amidon. S’il est consommé en quantité raisonnable, il peut apporter des glucides et des nutriments indispensables au fonctionnement normal de l’organisme », explique Koffi. Par contre, il constate que le pain produit à Dakar a une forte teneur en sel et en levure, « il doit être consommé en quantité raisonnable, sinon trop de sel et de la levure entraînent des problèmes sanitaires ». Dans une interview qu’il avait accordée au quotidien Bès bi, M. Amadou Gaye, président de l’Association des boulangers du Sénégal avait laissé entendre que « La production et la vente du pain obéissent à des normes. L’Etat doit veiller à la sécurité alimentaire du consommateur ».

Fodé Bakary CAMARA

16 décembre 2021


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article