SERIGNE FALLOU DIENG, PETIT-FILS DE BAMBA : « 18 SAFAR OU LE SENS DU PARDON À L’OPPRESSEUR »

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GRAND MAGAL DE TOUBA 2019

« Ô Seigneur, à quiconque m’aura injustement blâmé ou offensé, accorde lui ton pardon », disait Cheikh Ahmadou Bamba. Ces écrits du saint homme résument tout le sens du Grand Magal, selon son petit-fils, Serigne Fallou Dieng.

Membre du Cercle des intellectuels soufis, Serigne Fallou, que nous avons rencontré à Touba, est revenu sur le sens et la portée du 18 Safar qui célèbre, depuis plus d’un siècle, le départ en exil du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. Pour lui, le Grand Magal de Touba est un « rituel festif » qui célèbre la victoire d’un homme. « Dans le coran, Dieu dit qu’il a créé des rituels festifs pour toutes les communautés. Même ceux qui ne sont pas des musulmans ont leur carnaval ou leur fête des lumières...bref, un événement qui marque leur identité », rappelle Serigne Fallou Dieng. Pour lui, le caractère festif du Grand Magal de Touba trouve sa légitimité sur une recommandation de son vénéré grand père.

Le caractère festif du Magal

Après avoir accordé le pardon à ses oppresseurs, qu’il considéra comme des « acteurs » sur la mise en scène voulue par son Seigneur, Serigne Touba avait exhorté ses disciples à commémorer « sa victoire » dans la joie et dans l’allégresse, tout en rendant grâce à Dieu. Tout le sens qu’il faudrait accorder aux ’’Berndés’’ (l’aspect festif), selon Serigne Fallou.

Pour lui, les Mourides pouvaient commémorer le 18 Safar dans la violence, comme le font les Chiites, en célébrant la mort de Hussein, petit-fils du prophète (Psl), mort à la bataille de Kerbala. Mais, c’est parce que, « Serigne Touba n’a jamais pensé qu’il a été persécuté. Il a toujours considéré qu’il était en train d’accomplir une mission divine. Au fond, il a même disculpé ses oppresseurs. Pour lui, les colons n’étaient que des acteurs sur la scène mise en place par son Seigneur. C’est pourquoi, il a pardonné ». « N’a-t-il pas écrit : ’’la cause sous-jacente de mon départ en exil est que Dieu a voulu que je sois un homme exceptionnel », se pose le jeune marabout.

À l’en croire, c’est le caractère festif qui justifie toute la dimension économique du Magal. Serigne Fallou Dieng, de même que tous les disciples mourides, considèrent le Magal comme une bénédiction. « Pendant le Magal, vous voyez des personnes, moins nantis, qui dépensent beaucoup d’argent. Personnellement, je dépense 3 à 4 millions de FCFA pendant le Magal, alors que, je ne suis pas riche ».

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