SERIGNE MBOUP : "ON PEUT SE PASSER DE LA DETTE..."

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JURY DU DIMANCHE

Ce n’est pas une mauvaise idée de plaider pour l’annulation de la dette africaine, mais pour Serigne Mboup, le plus important et plus urgent pour les Etats africains, c’est le combat de leur souveraineté économique. Le président de la Chambre de Commerce de Kaolack ne trouve pas pertinente cette doléance portée par les chefs d’Etats africains comme Macky Sall. Pour lui, « il est paradoxal de demander l’annulation de la dette et, en même temps, de continuer à emprunter de l’argent à ces pays ».

Le patron du groupe CCBM invite ainsi les Etats africains à œuvrer à laisser un meilleur legs aux générations futures. « Le président ghanéen l’a dit. Nous devons travailler pour que demain, les pays africains puissent décider de leurs économies. Parce qu’en réalité, les Etats africains ne décident pas de leurs économies. Si nous sommes dans une situation qui fait que nous ne pouvons pas décider de notre économie, on ne peut que se rendre en France et emprunter de l’argent. Nous devons laisser un héritage qui fera que les futures générations puissent gérer leurs propres économies », a déclaré Serigne Mboup à l’émission JDD, dont il était l’invité ce dimanche.

Le PAP2A POURRAIT ÊTRE ENTIÈREMENT FINANCÉ PAR LE SÉNÉGAL

Le PAP2A constitue la 2e phase du Plan Sénégal Emergent (PSE). Ce programme, qui vise l’horizon 2023, nécessite un financement de 14 000 milliards de F CFA obligeant l’Etat du Sénégal à s’ouvrir à ses partenaires extérieurs. Mais pour Serigne Mboup, le financement de programme pourrait être trouvé au Sénégal.

GÉRER L’ÉTAT COMME UNE ENTREPRISE

« J’estime que l’Etat du Sénégal, avec les énormes potentialités, comme les terres dont il dispose, pouvait financer son économie et ne plus emprunter de l’argent. Je l’ai dit une fois à l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade. Le Sénégal est assis sur une manne foncière. Si l’Etat décidait de titrer toutes les terres et les vendre, il allait capter des fonds qui pourraient financer ses projets. C’est ce que Dubaï a fait en valorisant son patrimoine immobilier pour financer son développement. Dubaï s’est aussi désengagé de toutes les charges qui alourdissent les charges de l’Etat. Aujourd’hui, si vous avez besoin de visa pour Dubaï, vous allez à Sandaga. Parce que, ce sont les acteurs économiques de ce pays qui vous envoient le visa avec la garantie de payer tous les jours de plus que vous restez sur leur territoire », renseigne de PDG de CCBM qui invite à s’inspirer du modèle Singapour selon lequel, "l’Etat, c’est une grande entreprise. Il faut réfléchir pour rentabiliser toutes les dépenses que vous faites". Si nous arrivons à réussir cela, vous allez vous rendre compte que le Sénégal pourrait bien économiser de son budget national et en même temps valoriser ce qu’il a comme patrimoine caché ou oublié », a-t-il déclaré.

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