« SEULES 20 PERSONNES SUR 100 ONT UN COMPTE BANCAIRE »

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Ahmadou Al Aminou LO, Dg BCEAO – Sénégal

« Les populations subissent l’exclusion financière, selon le taux synthétique d’utilisation des services financiers porté à 55% dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ». La précision est faite par Ahmadou Al Aminou Lô, le directeur national de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) Sénégal. « Nous avons, dans l’espace UEMOA, environ 38 points de services pour 10 mille habitants, détaille-t-il, dans un entretien avec Le Soleil. Au Sénégal, nous avons 46 points de services financiers pour 10 mille habitants. En ce qui concerne l’indicateur lié à la disponibilité sur le plan géographique des points de services à fin 2017, nous avons 70 points sur 1000 Km2 dans l’union. » Cela donne, indique-t-il, « une idée du nombre de kilomètres qu’il faut parcourir pour trouver un point d’accès. »

En ce qui concerne les banques, dans l’UEMOA, sur 100 personnes, seules 17 ont un compte bancaire sur la population âgée entre 15 ans et plus, relève-t-il, soutenant qu’au Sénégal, sur ce même indicateur, nous sommes à peu près à 20%. C’est-à-dire seules 20 personnes sur 100 ont un compte bancaire. »
S’agissant de la micro-finance, qui est la finance alternative que la Banque centrale a promue pour booster la bancarisation et l’accès aux services financiers, il souligne que ce taux est de 19% dans l’UEMOA et 28% au Sénégal.
Selon lui, la question qui se pose, c’est « si la population a suffisamment une éducation financière pour s’intéresser à l’offre et la discerner. On peut dire que d’un côté, la population subit l’offre avec des choix d’installation qui obéissent à des logiques économiques, financières et sécuritaires. Mais d’un autre côté, un bas niveau d’éducation financière ne joue pas en faveur de l’inclusion financière ».

Partant du constat que l’inclusion financière est « un levier de développement économique et social », la BCEAO a, assure son directeur national, proposé au Conseil des ministres de l’UEMOA, l’élaboration d’une stratégie régionale en vue de « mettre en place un bon cadre réglementaire pour lever les obstacles. »

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