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SEYDOU DIOUF, AVOCAT DÉFENSEUR DES MAGISTRATS

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Comme on pouvait s’y attendre, le débat sur l’indépendance de la Justice s’est encore posé à l’Assemblée nationale, ce vendredi, lors du passage du Garde des Sceaux, Maître Malick Sall, pour défendre le projet de budget, 2022, de son département. L’occasion a été saisie par le président de la Commission des Finances, Seydou Diouf, pour faire une plaidoirie sur la magistrature. Le député a fustigé l’attitude de certains de ses collègues qui consiste à ‘’jeter l’opprobre’’ sur la magistrature. M. Diouf, en mode avocat, a pris la défense des magistrats. Dans sa large plaidoirie, il a soutenu que l’indépendance de la Justice est un débat qui se pose dans tous les pays du monde. Par conséquent, la magistrature sénégalaise ne peut pas déroger à cette règle. Ses propos in extenso !

« Le débat sur l’indépendance de la Justice n’est pas nouveau. Et si on sortait les cassettes de nos débats, ici à l’Assemblée nationale, de 1990 à nos jours, à chaque fois qu’un ministre de la Justice est passé dans ce pays, le débat sur l’indépendance de la Justice s’est posé. En réalité, ce débat ne se pose pas qu’au Sénégal. C’est une arlésienne. Ce débat se pose partout. Aux Etats Unis, en France… C’est comme un serpent de mer dans l’administration de nos ministres.

Tous les jours, et il faut en être satisfait, les magistrats dans notre pays, rendent des centaines de décisions qui permettent une régulation de notre société. Mais ce n’est qu’une poignée, une infime poignée, et particulièrement, lorsque les affaires concernes les acteurs politiques, que l’on pose le débat sur l’indépendance de la Justice. Indépendance par rapport à qui ? Par rapport au pouvoir exécutif ? Au pouvoir maraboutique ? Par rapport au pouvoir financier ? Par rapport au cercle familial des magistrats ? C’est ça le véritable débat. Il faut respecter nos magistrats. Nous ne sommes pas plus patriotes qu’eux. Nous ne sommes pas mieux nés qu’eux.

Nous partageons avec eux ce pays. Il est regrettable que nous constituons un pouvoir qui se dit législatif, nous nous permettons, sur la base de nos intérêts du moment, et par rapport à des décisions prises dans un contexte particulier, de jeter l’opprobre sur la magistrature et sur la justice sénégalaise. Que l’on vienne nous dire que l’on pose le débat sur l’indépendance de la justice, mais on respecte les magistrats. Qui administre ? Qui distribue la justice ? Qui rendent les décisions de justice. C’est bien les magistrats et ils le font sur la base de la loi, sur la base de leur intime conviction. Il faut que l’on arrête. Nous sommes députés, aujourd’hui. Nous ne l’avions pas été, hier. Et nous ne le serons pas demain. Les magistrats, eux, sont dans la constance de leur mission, jusqu’à ce qu’ils prennent leur retraite. Il faut savoir raison garder ».

Babacar FALL

11 décembre 2021


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