SEYNABOU NDIAYE RISQUE 20 ANS DE PRISON POUR AVOIR RENDU AVEUGLE SES DEUX BELLES-FILLES

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SÉVICES CORPORELS ET MALTRAITANCE

20 ans de prison ferme, c’est la peine que le parquet a requise contre Seynabou Ndiaye qui a infligé des sévices corporels aux deux filles de son époux âgées de 3 ans et 5 ans, à l’époque. Le parquet a requis 3 ans ferme contre le père qui n’a pas comparu. L’avocat des parties civiles réclame la somme de 250 millions F CFA à chacune des filles, devenues aveugles du fait de leur tante qui leur mettait du savon liquide dans les yeux, et du gasoil sur le cuir chevelure sans compter les autres atrocités. Le verdict est attendu le 25 février prochain.

En effet, les faits se sont déroulés 16 mai 2015. A cette date, Babacar Ciss et Mamadou Diop, respectivement délégué de quartier et imam du quartier Darou Salam 1 de Yeumbeul, accompagnés d’une vingtaine de personnes, se sont présentés au commissariat de la localité pour dénoncer des faits de sévices corporels et de maltraitance exercés sur les petites F. Gueye et N. Gueye. L’imam Mamadou Diop déclarait que la petite F. Gueye était sujette à des crise et avait des cicatrices sur le corps. Il soutenait s’être entretenu avec la belle-mère des enfants qui lui faisait croire que les cicatrices de la fille provenaient d’une chute dans les toilettes et que les crises étaient dues au fait qu’elle n’avait pas pris ses médicaments.

Cependant, Amadou Sangaré et Abdoulaye Bèye, voisins de Seynabou Ndiayea, confirmaient les violences dont les filles étaient victimes de la part de celle-ci qui s’en prenait à eux lorsqu’ils s’interposaient. Ils ajoutaient avoir prévenu la police qui s’est transportée aux domiciles de la mise en cause sans procéder à son interpellation. Ce, après qu’elle a pris l’engagement de ne plus toucher aux filles.

ENCENSOIR, DÉTERGENT, GASOIL...

Mamadou Niang, colocataire de Seynabou Ndiaye abondait dans le même sens que les autres témoins. Il affirmait avoir avisé le père des enfants qui venait à la maison une fois par semaine. Il faisait remarquer que les sévices étaient si atroces et récurrents et les voisins avaient fini par alerter le délégué de quartier. Fatou Mbaye, grand-mère maternelle des enfants dénonçaient le silence coupable de de Modou Gueye qui lui faisait croire que les enfants allaient bien. En présence de leur père, F. Gueye et N. Gueye déclaraient que leur belle-mère les violentait tous les jours. N.Gueye en sanglots, soutenait que sa belle-mère l’avait frappée à la tête avec un encensoir. Alors que F. Gueye la désignait comme étant l’auteure de ces blessures. Elle ajoutait avoir vu cette dernière cognait la tête de N. contre le mur des toilettes jusqu’à ce qu’elle pique une crise. Les jeunes filles ont fait également savoir qu’elles ne voyaient plus à cause du détergent que la mise en cause mettait dans leurs yeux et que cela a fini par leur faire perdre la vue. Pis, elles ont fait savoir qu’elles s’étaient plaintes auprès de leur père qui n’avait pas réagi.

Devant le prétoire, l’accusée a battu en brèche les accusations portées contre sa personne. « Je n’ai pas mis de savon dans leurs yeux. C’est en prison que j’ai entendu cette histoire de savon liquide puisque c’est ma fille de 17 ans qui les lavait. Le gasoil, c’est leur père qui l’avait acheté car elles avaient des poux », s’est défendue Seynabou Ndiaye affirmant qu’elle a toujours usé de ses mains pour « corriger » les filles. La défense a jugé exorbitante la somme de 250 millions francs CFA réclamée par Me Mbengue pour chacune des deux victimes. A défaut d’ordonner une nouvelle expertise médicale pour déterminer les causes de la cécité, Me Abdoulaye Sène a demandé que les faits soient disqualifiés en violence et voie de faits.

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