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« SI L’OPPOSITION EST MAJORITAIRE, MACKY NE POURRA PAS IMPOSER SON PM »

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Juriste et cadre de Pastef, Amadou Ba revient sur la question du prochain Premier ministre à l’heure où Benno et l’inter-coalition Yaw-Wallu s’affrontent sur le terrain des chiffres. Interrogé par Bés Bi, M. Ba, qui parle de majorité relative, n’a pas écarté l’idée d’une probable installation d’un leader de l’opposition sur le fauteuil de la primature.

Sur le vif du sujet, l’une des têtes pensantes du Pastef se veut catégorique. « En toute évidence, toute coalition de l’opposition qui a la majorité va forcément réclamer le poste de Premier ministre. Et maintenant, tout dépendra de la majorité dont on parle. S’il s’agit, par exemple, de la majorité absolue, on pourra presque l’exiger. Et présentement avec les majorités relatives qui se dégagent, le président pourra proposer un gouvernement d’union nationale en laissant le poste de Premier ministre à l’opposition ou à lui-même, mais en lui réservant des postes de souveraineté. Donc, après, tout se joue sur celui qui détient la majorité. Si elle revient à l’opposition, le chef de l’Etat ne pourra imposer son Premier ministre. Et vu qu’il ne peut pas dissoudre l’assemblée nationale avant 24 mois à partir de l’installation du parlement, donc forcément il n’y aura pas de gouvernement », clame Amadou Ba, le membre du Mouvement national des cadres de Pastef (Moncap).

Et à l’absence de gouvernement, poursuit-il, le président ne peut pas gouverner par ordonnance. Il s’explique, au bout du fil : « Parce que les ordonnances doivent être autorisées par l’assemblée nationale et validées par elle après. Donc, cela fait que c’est risqué de se lancer dans des conjectures. Le principe, c’est que si on n’a la majorité forcément on aura la présidence de l’assemblée nationale. Cependant, même dans la situation actuelle, le plus important dans une législature ce n’est pas juste l’adoption de lois simples. C’est aussi l’adoption de lois organiques. Or, pour adopter une loi organique, il faut quand même le 3/5 des voix. »

« C’est une erreur grossière de croire que Wallu est une coalition autonome »
Quant aux supputations sur une possible dislocation de l’inter-coalition Yaw-Wallu pour des enjeux politiques, Amadou Ba s’est voulu pédagogue. Sur ce, il a estimé que c’est une erreur grossière de croire que Wallu et Yewwi sont des coalitions autonomes. « C’est une coalition hétérogène et mixte. Car, il y a des députés de Yewwi sur la liste de Wallu et des députés de Wallu sur la liste de Yewwi. Il y a autant de députés Wallu que de Yewwi parce que les listes sont mixtes. C’est dire que dans les listes de Yewwi askan wi il y a un gros 1/3 qui est des députés Wallu. Donc, il n’y a aucune raison que Wallu nous lâche. C’est pour cela qu’il faut d’abord attendre pour définir qui dans l’inter-coalition appartient à quel groupe. Que chacun retourne dans sa famille d’origine. Et c’est toute cette alchimie-là qui rend difficile, voire hasardeuse, toute projection. Il faudra alors attendre pour voir qui a la majorité qui sera d’ailleurs hyper relative- genre 1 ou 2 députés de différence. Et après, au sein de chaque coalition, répartir le nombre de députés en fonction de leur famille d’origine et non pas en fonction de leur appartenance actuelle. Car, juridiquement, il peut être de Wallu mais politiquement de Yewwi », a t- il précisé.

Falilou MBALLO

3 août 2022


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