ALLIANCE ELECTORALE : "SI WADE SOUTENAIT IDY..."

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PRÉSIDENTIELLE 2019

Malick Gakou était aux premières loges dans la parade de Wade après le retour du Pape du Sopi hier, jeudi 7 février 2019 à Dakar. D’autres leaders politiques à l’instar de Bougane Gueye Dany et Pape Diop, étaient également à l’accueil. De même que Mamadou Diop Decroix aperçu dans le véhicule d’Oumar Sarr, le secrétaire général national adjoint (SGNA) et numéro 2 du Parti démocratique sénégalais (PDS), dans le cortège. Tous ses soutiens du candidat de la coalition « Idy 2019 », Idrissa Seck, ont accompagné Wade de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD) à la permanence Oumar Lamine Badji du PDS sise sur la Voie de dégagement nord (VDN). Qu’est-ce qui se cache derrière ? Est-ce une opération de charme qui ne dit pas son nom ? Décryptage.

« Taxawu Senegaal » et PDS, deux forces politiques décisives

« C’est même plus qu’une opération de charme, décrypte Jean Charles Biagui, joint par emedia.sn. C’est fondamental pour quelqu’un comme Idrissa Seck, qui a mobilisé une large coalition. Le soutien de Wade pourrait être décisif. C’est tout à fait normal que ces partisans et lui-même souhaitent le plus ardemment du monde que Me Abdoulaye Wade les soutiennent parce que, dans la configuration des forces actuelles, il est tout à fait évident. »
D’autant qu’indique le docteur en Sciences politiques, « il y a deux (2) choses qu’il faut considérer : Si Abdoulaye Wade demande que ses partisans soutiennent Idrissa Seck, si ceux-ci acceptent ce principe-là, cela pourrait faire basculer l’élection. C’est une question évidente. Parce que dans le rapport de force, il y a deux forces où on peut présumer que les votes sont plus ou moins indécis pour le moment en tout cas parce qu’il n’y a pas encore de consigne même s’il faut le rappeler, l’électeur n’est pas obligé de suivre la consigne de son leader. Mais on présume à priori pour deux (2) groupes ou deux (2) forces c’est-à-dire ’’Taxawu Senegaal’’ et le PDS. Si c’est deux (2) forces-là vont vers Idrissa Seck, cela pourrait être décisif. Ne serait-ce que par rapport à un second tour. »

Mamadou SY Albert, l’analyste politique, va plus loin : « Ce qui est sûr et certain aujourd’hui, le PDS est divisé car il y a des militants du PDS qui ont commencé à dire que le PDS va soutenir Idrissa Seck. Des alliés du président Wade ont rallié la coalition d’Idrissa Seck. Il y a un vent qui tourne à l’intérieur du PDS qui est très favorable à un soutien à Idrissa Seck. Est-ce que le président Wade va donner une consigne de vote ? Ou va-t-il préserver sa position consistant à ne soutenir aucun candidat ? En l’état actuel des choses, c’est très difficile de dire que le président Wade va prendre une position définitive d’ici le 24 février 2019. Maintenant, il y a une possibilité que le PDS change sa position en allant vers un des candidats. Il n’y a pas de raison qu’il ne donne pas une consigne de vote si jamais le boycott ne marche pas. Je pense que le PDS sera contraint de prendre une position beaucoup plus claire par rapport à Idrissa Seck. »

Me Madické Niang en embuscade

Il ajoute : « En tout cas, c’est la première fois dans le fonctionnement du PDS, que (ce parti) est obligé de prendre une position qui n’est pas la position traditionnelle. Traditionnellement, le PDS a toujours eu un candidat et c’est lui qui allait faire les démarches pour avoir des alliés. » Ainsi, soutient-il, « il y a Idrissa Seck qui est relativement bien placé mais il ne faut pas aussi enterrer Me Madické Niang, qui a des relations avec beaucoup de membres du PDS. Entre Idrissa Seck et Me Madické Niang, le PDS risque d’être divisé. On le voit déjà, il y a des responsables qui soutiennent Idrissa Seck et d’autres Me Madické Niang. Dans les deux cas, c’est la première fois que le PDS est aussi déchiré par rapport à une élection présidentielle. »
Aussi, enchaîne-t-il, « c’est sûr et certain qu’aujourd’hui, en l’état actuel de l’opinion, Idrissa Seck a le dessus. Il a un avantage certain parce que le PDS penche plutôt du côté d’Idrissa Seck, qui devient une menace très sérieuse pour le président sortant, Macky Sall. »

Le soutien de Khalifa Sall pourrait-il convaincre Wade ?

« Au cas où ils ne respecteraient pas le mot d’ordre du boycott, prône Jean Charles Biagui, la question à laquelle les libéraux doivent répondre, c’est quel est le candidat, dans le cadre ce qu’on appelle en sociologie électorale, le vote stratégique ou le vote utile, capable de battre l’adversaire. Leur adversaire, c’est le président Macky Sall. A ce jeu-là, il est indéniable, il est très clair que c’est Idrissa Seck qui, de ce point de vue-là, bénéficierait d’un éventuel vote stratégique ou utile. »
Pour le moment, alors que Khalifa Sall s’est déterminé en annonçant son soutien au président du Conseil départemental de Thiès, Wade campe sur sa position consistant à dire qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle sans son fils Karim Wade. Une affaire à suivre.

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