SIDY LAMINE NIASS, L’HOMME QUI INCARNAIT LA RADICALITÉ DU "JUSTE MILIEU"

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HOMMAGE

« Laqad kaana lakoum fii rassoulilaahi ouswatoun hassana »

Sidi Lamine Niass n’était pas un prêcheur violent. Grand intellectuel et journaliste chevronné, il pratiquait le doute, la critique constructive et chérissait la Liberté. Il incarnait un héroïsme de raison. L’émission "Diné ak jamono" qu’il avait initié fondait une éthique du débat, un débat contradictoire et ouvert.

Sidi, comme tout le monde aimait à l’appeler affectueusement, avait les réflexions les plus ambitieuses, les réflexes les plus spontanés et les démarches les plus à mêmes de corroborer et de satisfaire l’intérêt général à tous moments et au cœur de l’actualité la plus brûlante : rien ne le faisait reculer !

Grand amoureux de la Démocratie plurielle, mais toujours nuancé dans ses prises de positions, de sorte qu’il laisse toujours une porte entrouverte à la réplique, à la contradiction voire même à la contestation. Il ne se privait jamais d’en user lui-même sans jamais en abuser !

Aucun gouvernement, de Senghor à Macky Sall en passant par Diouf et Wade n’a réussi à faire de lui, de son groupe de presse ou de ses journalistes « des délégués à la propagande ».

Le sacerdoce absolu de Sidi a toujours été d’éclairer les esprits plutôt que d’attiser la haine !

Contre tous les "radicalisme" du moment : ethnique, religieux, politique, confrérique et j’en passe, Sidi trouvait toujours, dans son for intérieur, dans son background fait d’érudition, la force et la sagesse de leur opposer une autre forme de résistance celle qui s’exprime dans la "radicalité du juste milieu" comme l’avait prôné et enseigné son mentor (paix et salut sur lui), Mohamed.

Le Coran qu’il affectionnait à lire en toute circonstance nous apprend, à propos du prophète de la lumière et de la raison, une vérité qui illuminait son quotidien : "Vous avez dans le prototype prophétique un modèle parfait".

Sidi Lamine Niasse était un prototype parfait pour ceux qui aiment la radicalité dans la nuance ; Il aimait à résumer sa pensée dans cette boutade toute emplie et empreinte de sagesse et de distanciation ; être et se constituer en contre-pouvoir et non tomber dans le travers systématique d’être contre le pouvoir. Une attitude qui contrastait avec les pratiques dominantes dans l’espace confrérique sénégalais. Il tenait à se différencier et à nuancer sa position par rapport à la majorité des familles ou chapelles dites religieuses au Sénégal dont la pratique récurrente se résumait dans cette assertion simple : "Ñun duñu contre pouvoir" !

une mise en garde qu’on peut traduire laconiquement de la manière qui suit : « Ne comptez pas sur nous pour nous dresser contre le gouvernement". C’est là toute la beauté et toute l’utilité de cette "nuance" pour le peuple sénégalais. C’est là, toute tracée, la voie des sans voix, la sortie des sentiers battus, le pas de côté, le devoir d’ingratitude, la dissonance du verbe et du ton.

C’était de façon délibérée, l’orientation qui marquait d’un trait de noblesse et de dignité toute la différence d’appréciation de la vie, si brève et de l’œuvre si grandiose du "Walfiste en chef" : Sidi Lamine Niasse ; salut paisible sur lui.

Le vrai legs de Sidi Lamine Niasse c’est d’avoir forgé pour nous et pour les générations futures un outil sémantique et comportemental opposable en toutes circonstances aux termes "salafiste" et "salafisme" et autres fanatismes ou radicalismes outranciers.

En effet, si Sidi Lamine Niasse est parti à jamais, l’esprit « walf » ou le « walfisme », lui, demeurera à jamais : Sidi nous en a inoculé le sérum avant de prendre congé de nous. C’est ainsi qu’il y’aura toujours une part de « Sidi » en chacun de nous pour toujours
Et c’est cela le « walfisme ».

Nous te serons éternellement reconnaissants.

Repose dans la Paix céleste du Dieu de Mohamed, Jésus et de Moïse
Amen !

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