SIX CANDIDATS POUR UN FAUTEUIL : LES ENJEUX DE LA SUCCESSION D’ABDEL AZIZ

news-details
PRÉSIDENTIELLE MAURITANIE

A l’issue de la présidentielle du 22 juin prochain, la Mauritanie aura un nouveau président. Après sa réélection en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz est atteint par la limite de mandats fixée à deux par la Constitution. Mais son parti, l’Union pour la République (UPR), et ses alliés seront représentés par le Général Mohamed Ould Ghazouani, qui a des chances de l’emporter. Il fera face à 5 adversaires, dont les noms ont été officialisés ce jeudi 9 mai, par le Conseil constitutionnel qui a publié la liste provisoire des candidats à l’élection présidentielle.


L’ancien Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar leader du PRDS

En dehors de Mohamed Ould Ghazouani, par ailleurs ministre de la Défense, cinq dossiers de candidature ont, en effet, été reçus par le Secrétariat général du Conseil constitutionnel. Il s’agit du militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid, de Kane Hamidou Baba de la coalition Vivre ensemble, de l’ancien Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar leader du Parti républicain démocratique et social (PRDS), de Mohamed Ould Maouloud chef de file de l’Union des forces de progrès (UFP) et enfin du jeune Mohamed Lemine Ould El Mourteji Al Wavi. La liste définitive sera connu le 22 mai prochain.


Kane Hamidou Baba de la coalition Vivre ensemble

Les Mauritaniens ont encore une semaine pour s’inscrire sur les listes électorales. Des candidats déclarés ont commencé à les sensibiliser sur la fraude, dans un contexte quelque peu tendu avec les désaccords de la classe politique sur la composition de la CENI. La majorité et l’opposition n’ont pas encore trouvé d’accord au sujet des 11 membres du Comité directeur qui, à ce jour, sont issus de la mouvance du pouvoir et d’une opposition dite modérée. Tous les candidats de l’opposition refusent de reconnaître les membres de cette CENI, alors que le calendrier électorale se poursuit.

Une campagne qui s’annonce animée


Brahim Dag Abeid, candidat anti-esclavagiste

En attendant la précampagne a commencé, avec notamment Biram Dah Abeid qui sillonne le pays à la rencontre des électeurs. A chaque étape, il n’a pas manqué de dresser un tableau sombre de la situation de la Mauritanie, marquée selon lui par une extrême pauvreté de la population, l’enclavement, la mauvaise gestion économique (la dette publique est estimée à 100% du PIB), le chômage, les injustices sociales, la déliquescence des secteurs de la santé et de l’éducation.


Mohamed Ould Maouloud, chef de file de l’UFP

Le futur chef de l’Etat mauritanien ne devrait pas chômer, eu égard aux difficultés auxquelles le pays doit faire face. La crise économique est le résultat de la baisse exportations de fer et des graves difficultés de la SNIM, la société en charge des mines. Dans le même temps, la pêche et l’agriculture n’arrivent pas encore à assurer l’autosuffisance alimentaire, alors que certaines régions sont touchées par la famine.
Les régions du Sud et du centre sont confrontées à une grave famine. Les infrastructures routières notamment sont en attente de réhabilitation depuis quelques années, alors que la population doit faire face à une hausse régulière des prix des denrées de première nécessité. La corruption et les scandales financiers ne sont pas en reste, dans un pays déjà divisé par le racisme, l’exclusion et l’esclavagisme. Enfin, l’insécurité et la lutte contre le terrorisme constituent des enjeux incontournables. Ce sont là des points que l’opposition ne manquera pas de soulever lors des débats de la campagne électorale qui commencera début juin.

Vous pouvez réagir à cet article