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SOHAM WARDINI AFFICHE SON BILAN

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L’hôtel de Ville de Dakar, construit en 1910, a été réhabilité et inauguré par Soham Wardini, maire de la Ville de Dakar. Les travaux ont été réalisés par l’entreprise Eiffage Sénégal. La plaque d’inauguration a été dévoilée ce mercredi 29 décembre après la cérémonie de réceptionnée présidée par l’édile de Dakar et candidate à sa propre succession, en présence de l’adjointe du Préfet de Dakar, Ndioro Sarr.

Classé patrimoine historique, l’hôtel de Ville de Dakar a subi une nouvelle cure de jouvence après celle de 1963 et de 1965. Le projet de restauration, entièrement financé par le budget de la Ville de Dakar, a coûté 857 millions F CFA, selon le directeur du Développement urbain, Abdou Birahim Diop. Mais, citant « le jardin et le reste », Soham Wardina évoquera un montant d’environ milliard F CFA.

« Restituer la noblesse d’origine »

Une chose est sûre, pour faire retrouver son lustre d’antan, ajoutant confort et fonctionnalité à ce bâtiment historique et emblématique, et le rendre fonctionnel, sous la direction du maître d’œuvre, Mamadou Berthé par ailleurs expert consultant en conservation du patrimoine architectural et urbain, et des équipes de la Mairie, il a fallu une recherche effrénée de matériaux ou pièces anciens difficiles à trouver, du fait de l’âge. Mais, « à l’arrivée, nous avons pu sortir un produit de bonne qualité et de bonne facture. Des carreaux en ciment ont été posés à l’identique, de plaques d’ardoise de schiste remplacé par une toiture en shingle, l’horloge réparée et synchronisée avec la cloche. La reprise de la menuiserie à l’identique et l’installation de l’ascenseur dans un endroit exiguë », se félicite le Directeur général adjoint d’Eiffage Sénégal, Alioune Diop.
Par contre, l’ombre de Léna Keïta Diop, conductrice des travaux et chef de projet à Eiffage, décédée avant leur achèvement, a plané. Des prières ont été formulées pour le repos de son âme.

Hommage à Léna Keïta Diop, défunte conductrice des travaux

« Léna Keïta fut une collaboratrice travailleuse, courageuse et infatigable et responsable. Elle avait démarré les travaux de réhabilitation de cet hôtel de Ville. Malheureusement, Dieu l’a arraché à notre affection et elle n’a pas pu voir cet ouvrage achevé. Je suis persuadée qu’elle aurait voulue être parmi nous, aujourd’hui. Hélas, Dieu en a décidé autrement. Que Dieu l’accueille dans son Paradis », a témoigné Diop.

Prenant la parole, Soham Wardini saluera ainsi sa mémoire : « Une femme exceptionnelle, engagée, qui, plusieurs fois, me fit visiter le chantier, et qui malheureusement, ne put voir son ouvrage achevé. Elle me disait à chaque fois que je venais, madame le maire ne vous en faites pas, cet immeuble nous allons l’inaugurer avant les prochaines élections. Malheureusement, elle est partie. Que Dieu l’accueille en Son Paradis céleste. »

Cette cérémonie traduit, a-t-elle, par la suite, souligné, « notre commune volonté de préserver, protéger et pérenniser ce qui constitue notre mémoire, notre âme et notre identité. En effet, l’hôtel de Ville, joyau architectural, témoigne de la richesse de cette Ville plus que centenaire. Ancienne capitale de l’AOF (Afrique Occidentale française) est plus qu’ouverte à toutes les identités, à toutes les fraternités et à toutes les solidarités. Au cœur du centre ville, cet édifice classique du style empire est le témoin de grandes heures de notre histoire, du moins de quelques épisodes mémorables. Par son symbole et sa stature, l’hôtel de Ville rappelle de la plus belle des manières, l’histoire, la richesse et la trajectoire de Dakar. Après avoir accueilli les frères du Saint-Esprit, il est devenu le siège de la Mairie de Dakar, avant d’être classé patrimoine historique du Sénégal. »

Saluant l’action de ses prédécesseurs, elle citera nommément son « cher Khalifa Sall », qui, a-t-elle souligné, « fut le premier à jeter les bases de ce chantier », tout en soutenant que « cette restauration est l’affirmation d’une nouvelle ambition pour la Ville de Dakar, à la fois institutionnelle, architecturale, patrimoniale, mémorielle, culturelle et économique. » Il s’agissait, a-t-elle poursuivi, « de marquer un point scrupuleux à restituer la noblesse d’origine à l’hôtel de Ville, à travers son vaste hall, son escalier monumental, son toit en tuile rouge, sa façade au décor sculpté en stuc de pierre. »

Une connotation politique

Poursuivant, elle n’a pas caché sa fierté de recevoir ses collègues maires de la sous-région, venues de la Mauritanie, de la Gambie, du Mali, de la Guinée Bissau, auprès des représentants diplomatiques. Le Caucus des femmes leaders, qui a défendu sa candidature, était également représenté. Ainsi que l’Union citoyenne Bunt Bi qui l’a déjà investie.

La collectivité léboue était fortement représentée aussi, dont le Jaraaf de Dakar, Farba Paye. Le ‘’ndawrabine’’, l’hymne lébou, a d’ailleurs retenti, à l’occasion. La précision est de taille, ce sont ces notes qui accompagnent le couronnement d’un chef suprême lébou. Sans doute que le camp de l’édile sortante espère qu’il en sera ainsi pour leur candidate, à l’issue des locales du 23 janvier 2022.
Une présence qui n’est pas passée inaperçue celle de l’épouse de Barthélémy Dias, Ivonne Dias, et ses enfants.

Dié BA
Photos : Pape Doudou DIALLO

29 décembre 2021


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