SOKHNA DIENG MBACKE : « LA CRIMINALISATION DU VIOL NE RESOUDRA PAS LE PROBLEME »

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ASSEMBLÉE NATIONALE

C’est parti pour un examen marathon. Après l’ouverture de la plénière à 10 heures 53 minutes, puis la lecture du rapport de la commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, et enfin l’inscription sur la liste de prise de parole, les travaux de l’examen du projet de loi portant criminalisation du viol et de la pédophilie, ont démarré peu avant midi, ce lundi, 30 décembre.

La liste est close à 58 orateurs. « Cela va nous prendre plusieurs heures », prévient Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée nationale.

Le ton empreint de solennité, Cheikh Tidiane Gadio est le premier à monter au créneau sur « un sujet grave et sérieux. » D’emblée, relèvera le député par ailleurs allié du chef de l’Etat, Macky Sall, au sein de la mouvance présidentielle, Benno Bokk Yakaar (BBY), « cependant une loi est une étape nécessaire mais pas suffisante. Osons engager une discussion nationale, osons regarder la bête immonde dans les yeux. Osons changer de comportement, osons nous parler, osons en parler. Je prie du reste pour que le dialogue national, dans son volet sociétal, nous offre une tribune sans précédente pour faire face à notre démon. »

« Le mea culpa national » est une obligation

Sokhna Dieng Mbacké invite, elle-aussi, à « aller plus loin ». « Criminaliser, durcir les peines, c’est bien, (...) mais ce n’est pas tout », dit-t-elle, invitant à « agir en amont et à priori pour la protection sociale des femmes et des enfants. Les chiffres sont effarants et font froid au dos. »

Poursuivant, la parlementaire ajoute : « Un célèbre psychologue disait que la société sénégalaise est malade. (...) Cela va dans le sens du mea culpa national dont parlait mon précédent collègue. Que faire de tous ces détraqués sexuels qui violent même les bébés ? Ces êtres peuvent-ils être considérés comme des humains ? J’en doute. »

Elle prévient : « La criminalisation ne résoudra pas tous les problèmes. (...) Plus on criminalise, plus les gens sont enclins à faire (ces actes) », citant en exemple la loi sur le vol de bétails alors que le fléau subsiste.

Dans ses recommandations, elle demande de sensibiliser l’Ordre des avocats dans la défense des détraqués sexuels.

Des préalables s’imposent, selon Mame Diarra Fam

Mame Diarra Fam, de l’opposition, réclame des garde-fous. Car, s’écrie la membre du Groupe parlementaire ’’Liberté et Démocratie’’ du PDS et ses alliés : « Attention aux erreurs judiciaires ». A cet effet, réclamant des préalables avant le vote de la loi, la parlementaire avertit contre « les règlements de compte ».

Toutefois, tous ont tenu à saluer, d’abord, ledit projet de loi, répondant au cri du cœur lancé par les femmes face à la vague de violences dont certaines sont victimes.

Signaler la présence des femmes de la société civile qui ont sonné la mobilisation autour de ce projet de loi.

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