SON PROCÈS RENVOYÉ, KÉMI SEBA RESTE DROIT DANS SES BOTTES

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JUSTICE

Le procès en appel opposant l’activiste et président de l’ONG ’’Urgences panafricanistes’’, Kémi Séba, à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est renvoyé au 27 avril 2020, par la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Dakar. Le mis en cause n’a pas comparu. « Ce qui va se passer le 27 avril, nous ne le savons pas. Parce que, nous ne savons pas lire dans une boule de cristal, tout peut arriver », déclare son avocat, Me Cheikh Koureychi BA, face à la presse, ce lundi, 24 février, en compagnie des camarades de l’activiste.

Représentée également par Mes Amadou Diallo, par ailleurs président d’Amnesty international, et Assane Dioma Ndiaye, le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH), la défense réclame la comparution de son client, Kémi Séba, détenu dans les locaux de l’aéroport.

« On prive quelqu’un de justice, et là, c’est extrêmement grave »

« C’est le sens de notre demande de ce matin, lors du procès, pour que le juge prenne ses responsabilités, en ordonnant sa comparution », assène la défense. Autre scénario : « Nous avons demandé au Procureur s’il n’avait plus les moyens de soutenir son action qu’il se désiste de son action pour que cette affaire soit rangée aux rayons des pertes et profits ».

« Kémi Séba veut rentrer chez lui »

Me BA de poursuivre : « Kémi Séba avait voyagé avec son passeport béninois, pour un cycle de conférences en Belgique. Il devait observer cette escale de Dakar pour son procès en appel, puis continuer sur Cotonou, la capitale béninoise. Il veut être refoulé dans son pays d’origine. J’ai mis en garde le commissaire Faye ainsi que son boss, Bop, du commissariat spécial de ne pas exercer de violence sur lui. Parce que, sinon ils en répondraient. Le commissaire Faye m’a rassuré qu’aucune violence ne serait exercé sur lui. Mais nous savons qu’ils n’y sont pas allés du dos de la cuillère pour le faire monter dans l’avion. Il est monté dans le vol de Bruxelles qui devait décoller à 22 heures 15 minutes. C’est à cause de la condescendance du Commandant de bord, qui l’a tutoyé, Kémi Séba a réagi avec brutalité, violemment, en criant de toutes ses forces, dans toute la carlingue, on l’entendait. C’est comme s’il était en transe. Et le commandant au vu d’un tel comportement a estimé plus sage d’obtenir qu’on le débarque de l’avion. »

Kémi Séba, qui reste droit dans ses bottes, ne s’oppose pas à quitter le Sénégal. Mais, il n’est pas question pour lui de retourner en Belgique. C’est clair. Si on le remet dans l’avion, il aura le même comportement. En territoire belge, ils ne vont pas accepter que les gens viennent mettre sous sédatif un passager récalcitrant. Parce qu’ils sont capables de lui inoculer une piqûre comme on fait avec les fous furieux. »

Faisant la genèse de l’affaire, Me BA dénonce plus que jamais une décision « illégale » : « On poursuivait Kémi Séba pour l’incinération d’un billet de 5 mille F CFA. Or, l’article 411 du Code pénal, réprime la destruction ou l’altération ou l’incinération de plusieurs billets au pluriel. On avait plaidé qu’il s’agissait d’un seul billet. On a dit que ça ne s’appliquait pas et on l’a laissé partir. Evidemment, il a annoncé un programme d’actions assez ambitieux à l’échelle des pays utilisateurs du F CFA à partir du 16 septembre, et le gouvernement ne l’a pas laissé poursuivre son action. Dès le 5 septembre, officiellement, on était venu le chercher à son domicile à Sacré-Cœur pour le conduire à la police des étrangers à Dieuppeul, et de là, on l’a conduit directement à l’aéroport. En principe, on vous notifie une décision, et en vertu de la loi organique de 2017-09 de janvier 2017, quand vous notifiez à un étranger une mesure d’expulsion, l’article 74 de cette loi dispose que le recours est suspensif, et le délai de recours, de 2 mois, est également suspensif. Donc, il avait la latitude de rester 2 mois sans agir, et l’administration ne pouvait rien faire, étant entendu qu’en la matière, l’Exécutif ne fait que prendre la mesure mais le dernier mot appartient à la Justice. C’est toujours au juge de valider la décision. (...) Aujourd’hui, on exhibe le même arrêté qui est factice. Parce que le 5 septembre, au petit matin, l’ex-Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, avait rendu sa démission au président, Macky Sall, qui l’avait accepté, entraînant ipso facto la démission de l’ensemble du gouvernement. C’est vers 14 heures que le ministre de l’Intérieur fantôme dont les pouvoirs sont expirés, a pris une décision. Nous avons demandé la production de ce document. Au jour où je vous parle, la décision n’est pas produite... ».

Dans tous leurs états, les camarades de Kémi Séba n’entendent pas dormir sur leurs lauriers. Ils comptent ainsi dérouler leur plan d’actions, en « multipliant les mobilisations partout en Afrique, et dans la diaspora, contre les structures d’intérêt français. Parce que, nous ne tolérerons pas que celles-ci puissent s’enrichir dans nos pays en toute liberté au détriment de notre peuple », a asséné Khadim Mbacké Sall, le porte-parole de l’ONG ’’Urgences panafricanistes’’.

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