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« SONKO AURA UNE FORMIDABLE OCCASION DE SE RENDRE COMPTE DES … »

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Directeur général, ministre et aujourd’hui député, Abdoulaye Diouf Sarr a caressé presque tout le clavier du régime de Macky Sall depuis 2012. L’actuel premier vice-président de l’Assemblée nationale raconte à Bés bi sa nouvelle fonction et décortique l’actualité tumultueuse à l’Hémicycle. La proposition de loi de Mimi Touré, l’examen du budget, l’amnistie annoncée en faveur de Khalifa Sall et Karim Wade, … Diouf Sarr livre ses amendements.

On a connu Abdoulaye Diouf Sarr Dg du Coud puis ministre de 2014 à 2022 et aujourd’hui député. Qu’est-ce qui change aujourd’hui dans votre vie ?
Rien n’a changé fondamentalement dans ma vie. La mission spécifique n’est plus la même, mais je reste toujours au service de mon pays. Certainement, la charge de la mise en œuvre opérationnelle et différente de celle du législateur.

L’Assemblée nationale a été installée dans le chaos le 12 septembre dernier. Comment avez-vous vécu cette journée ?
J’ai vécu la journée du 12 septembre avec désolation comme tous les démocrates et les républicains de ce pays. C’est une tâche noire que nous devons gommer par des consensus forts sur des questions qui transcendent le dogme de nos agendas politiques.

Existe-t-il des risques de blocage du budget, vu la configuration des forces politiques à l’Assemblée nationale ?
Non ! L’ingénierie de nôtre régime politique a prévu des mécanismes qui garantissent la permanence de l’offre publique : donc le blocage du budget n’est pas techniquement possible. Mais je pense sincèrement que même en l’absence de ces sûretés, il existera toujours un dépassement des clivages si des questions d’intérêts majeurs comme le vote du budget se présentent.

On vous sent en retrait depuis votre perte de la mairie de Yoff. Nourrissez-vous toujours des ambitions pour cette commune ?
Vous savez, Yoff est dans mon Adn, l’ambition de servir son terroir n’a pas de limites temporelles. La coalition Benno bokk yaakaar travaille à la reconquête des territoires gagnés par l’opposition.

Comment jugez-vous le travail de l’actuelle équipe municipale de Yoff après 8 mois d’exercice ?
Je suis mal placé pour y apporter un jugement. Je leur souhaite bonne réussite dans l’intérêt de toutes les populations de Yoff.

Diouf Sarr est-il à la retraite politique à l’Assemblée nationale ?
Au contraire, l’Assemblée nationale est le point de départ de l’expression de toute la disponibilité que je souhaite apporter à mon pays.

Quelles sont vos nouvelles ambitions ?
Mes ambitions ne sont pas à géométrie variable. Je suis rivé sur ma contribution à la réalisation de l’émergence du Sénégal.

En tant qu’économiste, comment expliquez-vous les périodes difficiles que vivent les Sénégalais avec la hausse des prix des denrées et la faiblesse du pouvoir d’achat ?
Le Sénégal traverse des perturbations causées par des chocs exogènes. La guerre russo-ukrainienne, la crise pétrolière et le dérèglement climatique, sans oublier les caprices monétaires qui nous plongent dans une crise économique qui affecte les populations. Heureusement que l’Etat est en train de prendre de bonnes mesures pour amortir les conséquences des chocs qui seraient dévastateurs si rien n’était fait.

Allez-vous voter la proposition de loi de Mimi Touré ?
Pour moi, la compétence et les valeurs intrinsèques de la personne sont mes critères de choix des ressources humaines. Je pense qu’une telle loi entre les mains d’un gouvernant vicieux, peut être source d’injustice autrement plus injuste.

Soutenez-vous une amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade ?
Si c’est un consensus national pour racoler une fracture politico- sociale on peut s’y plier ! Mais faisons attention de ne pas laisser aux générations futures une « jurisprudence » qui mettrait les hommes politiques au-dessus des autres sénégalais en termes d’opportunités judiciaires à saisir.

Sonko qui entame une tournée nationale accuse le pouvoir de vouloir le liquider. Quelle réponse lui opposez-vous ?
Sa tournée nationale sera une formidable occasion de se rendre compte des réalisations du Pse à l’échelle de toutes les régions.
Que pensez- vous de la création du Réseau des élus locaux du Sénégal créé par les élus de Yewwi askan wi en parallèle à l’Association des maires du Sénégal ?
Je pense sincèrement que quelqu’un comme Khalifa Sall qui connait bien ce dossier arrivera certainement à les convaincre que cette question doit sortir du terrain de cette forme d’opposition.

Babacar Guèye DIOP

17 octobre 2022


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