SOPHIE GLADIMA : « LA FEMME AFRICAINE A TOUJOURS ÉTÉ DANS LA SCIENCE MAIS... »

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JOURNÉE DE LA FEMME AFRICAINE

En attendant la cérémonie officielle de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), jeudi prochain, 1er août, le ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a participé aux ateliers tenus ce lundi, 29 juillet, au Grand-Théâtre national. Le thème retenu pour l’édition 2019 est : « Leadership et entrepreneuriat féminin : Opportunités des TIC dans l’autonomisation des femmes et des filles ».

Une occasion que le ministre n’a pas ratée pour faire le lien entre femmes et sciences, relevant que « la femme africaine a toujours été dans la science ». Aujourd’hui, souligne-t-elle, le défi majeur est « d’améliorer les (mauvaises) pratiques » avec l’aide du numérique. Pour cela, un arrêt s’impose pour faire le point sur la condition « difficile » de la femme.

Elle explique : « Ces femmes qui font de la poterie ou le henné, regardez les dessins qu’elles font ? Quand on prend la teinture. Qui font les dessins ? Ce sont les femmes, qui font évoluer les figures. Cela veut dire que sans le savoir, elles font de la mathématique, de la science. C’est là où il faut trouver le lien entre ces femmes qui n’ont pas été à l’école et les femmes, qui (y) ont été. On fait de la teinture, c’est un mélange de produits, elles savent quand elles mélangent de l’argile avec d’autres produits, en faisant un dosage, les couleurs varient. Quand on va en Afrique du Sud, les maisons sont peintes par les femmes, qui lient l’argile avec le cactus. En Tunisie et au Maroc, c’est exactement la même chose. Donc, elles font de la Science. Nous (les scientifiques) ce que nous devons faire, c’est les accompagner pour que les produits qu’elles utilisent soient peut être bio. Longtemps, les teinturières ont été maladives sans savoir qu’elles utilisaient des produits toxiques qui nuisaient à leur santé. »

Prenant l’exemple des produits alimentaires, elle insiste sur le processus de transformation du ’’Yet’’, (le cymbium), que « les gens aiment bien quand il est bien marron. Normalement, on doit le laisser sécher pendant longtemps pour que ça soit un beau produit. Qu’est-ce qu’elles (les femmes) font ? Elles vont utiliser d’autres produits chimiques pour colorer le produit mais elles ne savent pas qu’elles tuent à petit feu les gens. »

Partant de ce principe, elle appelle à « améliorer les pratiques » pour avoir « des produits de qualité exportables. » D’autant plus qu’ « aujourd’hui, les normes au niveau international constituent un frein pour nos produits africains. »
S’agissant de l’arrêt qu’elle préconise d’observer, le ministre déplore qu’il soit « dommage que les femmes comme Pr Ndioro Ndiaye et d’autres femmes ici en Afrique, se soient battues mais (qu’on ait) l’impression que tous ces acquis sont par terre. C’est pour cela que je pense qu’on doit pouvoir s’arrêter un moment et voir pourquoi cela ne marche pas. Parce que, ces femmes ne peuvent pas avoir eu autant d’acquis pour la libération de la femme africaine, et que jusqu’à aujourd’hui, nous les jeunes, nous ayons des problèmes. C’est un problème qui fait qu’aujourd’hui que nous avons des difficultés pour trouver des femmes dans le secteur de la science. »

Bien que « le chemin soit long », note-t-elle pour s’en réjouir, c’est bien possible avec des références comme Pr Eva Marie Coll Seck (et) Pr Ndioro Ndiaye. Mais le processus doit être déclenché dès le bas âge avec « l’éducation » comme moteur. Ce, malgré les contraintes liées au « manque de moyens, de temps » surtout avec le rôle central de la femme, qui donne la vie, au sein de la famille. Egalement les mariages précoces. Et celles relatives à l’engagement : « On est tellement pris dans les tâches quotidiennes qu’on s’oublie. Nous avons des possibilités aujourd’hui d’être au cœur des dispositifs tout en s’occupant de la famille. Le numérique nous permet aujourd’hui de pouvoir échanger. »

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