SORTIE DE L’AMBASSADEUR : OUMAR YOUM PORTE LA COLÈRE DE L’ÉTAT À LA FRANCE

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LETTRE DE PROTESTATION

L’Etat du Sénégal n’a que très peu apprécié la sortie de l’Ambassadeur de France au Sénégal, Philippe Lalliot, dans l’émission ’’Grand Jury’’, sur la Rfm, dimanche dernier, évoquant l’impossibilité d’une exploitation commerciale du Train Express Régional (TER) d’ici au mois d’avril. Une sortie qui vient contredire les nombreux délais fixés par différentes autorités publiques. Pour le ministre de tutelle, Me Oumar Youm, le propos est mal placé. Une lettre de protestation a ainsi été envoyé par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement à son homologue français, Jean Baptise Jebbari. Excédé, le ministre sénégalais dénonce la sortie du diplomate.

« J’ai suivi (dimanche), l’interview de l’Ambassadeur de France au Sénégal au cours de laquelle il s’est prononcé sur l’agenda du TER, en affirmant que la mise en service commerciale ne pourrait se faire en avril 2020, prenant le contre-pied du gouvernement (sénégalais), seul habilité à communiquer sur le sujet d’un marché entre l’État du Sénégal et des entreprises françaises », lit-on dans la correspondance relayée par nos confrères de L’Obs.

Me YOUM APPELLE À UN COMMERCE PLUS EQUITABLE

Loin d’en avoir fini, Me Youm de poursuivre : « L’Ambassadeur de France semble privilégier les intérêts des entreprises françaises qui, dans ce chantier, font peu cas du droit contractuel et des préoccupations des populations sénégalaises. » Le ministre sénégalais rappelle la sortie polémique du Directeur général de SENAC SA, Xavier Idier, faisant état d’absence de clause de renégociation dans le contrat de concession sur l’autoroute à péage. « Auparavant, fulmine-t-il, à cet effet, la société SENAC SA, autrement dit Eiffage, titulaire du marché le plus important du TER, avait fait, relativement à la concession de l’autoroute, une déclaration téméraire et aberrante sur la demande légitime de l’État, taxée d’arbitraire avant de se raviser. Il convient de de noter qu’un commerce plus équitable est l’unique solution à ces mouvements citoyens de plus en plus nombreux qui posent la problématique de la refondation des termes de l’échange. »

« PÉNALITÉS POUR LES RETARDS INDUS »

Par ailleurs, signale l’ex-Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Macky Sall : « En droite ligne de notre entretien lors de la récente visite du Premier ministre français (Édouard Philippe) au Sénégal, j’attire encore une fois votre attention sur ces attitudes dommageables à un partenariat fondé sur le respect et la confiance. »

En conclusion, le ministre avertit : « En tout état de cause, dans le marché du TER, le Sénégal entend respecter strictement les termes du contrat le liant aux entreprises françaises et se réserver le droit d’appliquer des pénalités pour les retards indus. Au demeurant, l’Ambassadeur de France doit rester dans son rôle de prêteur en s’abstenant de communiquer sur un agenda contractuel qui lie l’État (du Sénégal) à des entreprises privées (françaises) ».

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