SOUAD ADEN-OSMAN : « IL FAUT FAIRE INTERAGIR LES CHAMBRES DE COMMERCE ET LES GOUVERNEMENTS »

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LR DU TEMPS

Souad Aden-Osman, la Directrice exécutive de la Coalition pour le dialogue sur l’Afrique (Coda), face à Alassane Samba Diop, dans l’émission, LR du temps spécial, sur iRadio et Itv, ce 10 novembre. Elle annonce, d’emblée, que les 25, 26 et 27 novembre, aura lieu une autre étape décisive dans la mise en marche de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), dans un cadre « plus inclusif ».

« Débattre des questions africaines en Afrique »

Avant, elle souligne que, lancée il y a 10 ans, la CODA, initiative des Nations Unies pour l’Afrique et de la Banque africaine de développement, « est une plateforme de débat et de dialogue, travaillant sur les grandes thématiques de l’Union africaine en vue d’amener les discussions qui se tiennent d’habitude entre gouvernements, (comme les changements climatiques, les flux financiers illicites, la ZLECA, etc.) aux acteurs non étatiques surtout la société civile », détaille d’emblée l’invitée.

La CODA, dont le siège se trouve à Addis Abeba, est née, également, à la suite de la décision prise « de ne plus discuter des questions africaines à Washington », signale-t-elle. « On a toujours discuté sur le continent mais il y avait aussi deux structures (basées) à Washington, et qui justement amenaient à se poser la question ’’Pourquoi il faut aller à Washington pour parler de ça’’ ».

Poursuivant, Souad Aden-Osman ajoute qu’il a été convenu, dans une « culture d’inclusivité », de partager l’information issues des discussions qui regroupaient jusque-là les diplomates, les intellectuels et les journalistes.

La ZLECA au menu des discussions

En ce moment, dit-elle, « on est en train de discuter de la ZLECA ». Ce, pour se féliciter : « C’est un processus qui est pour le moment politiquement bien géré. Où on avance très vite. 54 pays sur 55 ont déjà signé, il y a eu 28 ratifications. C’est énorme en un an. On a créé la zone de libre-échange la plus large du monde, par membres ».

Dans ce sillage, « la CODA a organisé un premier dialogue (politique), entre les décideurs, les négociateurs, les ministres du Commerce, et les parties prenantes. On l’avait fait en mai avant d’aller à Niamey avant que la phase opérationnelle ne soit lancée. Maintenant, à la fin de ce mois-ci, les 25, 26 et 27 novembre, à Addis Abeba, se tiendra un autre dialogue de haut niveau. Cette fois-ci, ce sera avec le secteur privé surtout les chambres de commerce puisqu’elles sont inquiètes. En juillet 2020, (elles) seront obligées de transiger et d’utiliser de nouveaux régimes. Nous espérons ramener beaucoup de monde autour de la table pendant 3 jours. Ce sont des processus qui se feront à huis clos, ce qui est normal parce qu’on est en train de négocier un certain nombre de protocoles ». Lesquels portent sur le Commerce, l’investissement, entre autres. Ce qui est prévu et comment on va le faire. Il y a toute cette grande question si on veut que cela ne soit pas un autre traité étant donné qu’on en a plusieurs qui n’ont pas nécessairement pas servi. Cette initiative qui se veut la plus ambitieuse de l’agenda de l’intégration, on s’attend à ce que chacun joue son rôle surtout le secteur privé. Et cela suppose une structuration pour que le secteur privé puisse interagir avec les gouvernements, avec l’Union africaine, et les Institutions de la ZLECA dont le Secrétariat sera à Accra (Ghana). Ça permet en dehors des négociations prévues, de définir d’autres paramètres, dans un cadre un peu plus inclusif ». D’autant plus que « c’est le secteur privé qui est le moteur de l’économie. Les chambres de commerces seront toutes concernées par ce qui est en train de se décider. Les opérateurs économiques semblent s’attendre à dire que c’est une opportunité, que ça profitera aux commerçants africains, de même qu’au commerce intra-africain. Leur rôle doit être compris par eux-mêmes. Comment ils se voient dans cet exercice-là ? Avoir leur feed-back ».

Pour rappel, un des grands objectifs de la ZLECA, c’est de créer les chaînes de valeurs régionales. « Il faut organiser les choses pour que cela ne soit pas le Sénégal qui fasse ça, et qu’une partie soit faite au Mali, et accepter que l’autre partie vienne (d’un autre pays africain), propose Souad Aden-Osman. C’est une façon de s’organiser ensemble, et ensuite, de protéger ce marché. La liste des produits qui pourront circuler sans être taxés ne pourront pas être des produits qui viennent d’ailleurs ».

S’agissant des règles régissant le commerce entre les pays notamment par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Directrice exécutive de la CODA indique que « ce qui va se passer avec l’OMC sera déterminée dans un deuxième temps. Mais, dans un monde où tout le monde est en train de se protéger, avec l’Amérique de Trump, je crois que (la ZLECA) sera définie, et structurée selon les besoins de l’Afrique, dans un premier temps ».

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