SUR LES TRACES DE BAMBA DIENG, LE TUBE DE L’ÉTÉ OLYMPIEN

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Portrait

Si la convocation de Bouna Sarr est contestée par de nombreux supporters sénégalais, ce n’est pas le cas pour Ahmadou Cheikh Bamba Dieng. La nouvelle perle de Marseille fait l’unanimité. Formé à Diambars, il fait des merveilles sous le maillot phocéen. Très remuant, il est l’auteur d’un début de saison tonitruant.

Première titularisation… Et boom ! C’était le 11 septembre 2021, auteur d’un doublé, la pépite sénégalaise a crevé l’écran à Monaco pour sa première titularisation sous le maillot bleu phocéen, lors de la 5e journée de Ligue 1. Aux aguets, l’homonyme du fondateur de la confrérie des Mourides a saisi l’opportunité donnée par le coach argentin, Jorge Sampaoli.

Lors de la 6ème journée, il est également titulaire au sein de l’attaque marseillaise lors d’une rencontre à domicile contre le Stade Rennais. C’est lui qui débloque le score sur un centre de Pol Lirola venu de la droite. Ce but permet notamment à l’Olympique de Marseille de l’emporter 2-0 et place Dieng à deux unités seulement de la première place du classement des buteurs du championnat.

En l’absence de son maître à jouer, Dimitri Payet, l’entraîneur argentin, Jorge Sampaoli, a sorti le jeune sénégalais de 21 ans de sa poche. Bamba n’a pas laissé passer sa chance. Il a, ainsi, franchi un palier supérieur dans sa carrière, étrennant sa première convocation en sélection nationale. Ses performances n’ont pas échappé à Aliou Cissé à la recherche de la bonne compo pour décrocher enfin le graal.

Bamba goal, de Diambars à Marseille

Né le 23 mars 2000 à Pikine, Bamba Dieng commence sa carrière à l’ASC Sonacos de Diourbel en 2010. Après avoir passé avec succès le test d’entrée, il rejoint en 2014 l’Institut Diambars. Il joue dans le même temps avec l’équipe du Sénégal des moins de 17 ans, marquant lors des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 17 ans 2017 contre la Guinée.
Dieng intègre l’équipe première de Diambars en 2017. Il reste toutefois une saison entière sans jouer à cause d’une blessure. Il débute finalement en deuxième division lors de la saison 2018-2019. Vice-champion, il est promu en première division à l’issue de la saison.

Il fait des débuts tonitruants en première division, en marquant douze buts lors de ses quatorze premiers matchs. Il termine, ainsi, meilleur buteur de première division sénégalaise lors de la saison 2019-2020. D’où son surnom de Bamba goal !

À la suite d’un essai effectué avec l’Olympique de Marseille en août 2020, il s’engage avec le club marseillais le 5 octobre 2020. Il s’agit en réalité d’un prêt avec une option d’achat. Dieng fait ses débuts avec l’OM le 10 février 2021, lors d’une victoire 2-0, en Coupe de France contre l’AJ Auxerre, marquant le second but dans les arrêts de jeu. Il joue son premier match en Ligue 1, le 14 février 2021, lors d’un déplacement chez les Girondins de Bordeaux. La rencontre se solde par un score nul et vierge. Il est titularisé le match suivant contre l’OGC Nice.

En fin de saison, l’option d’achat d’un montant de 400 000€ est levée par l’OM.

"Sérieux, discipliné et travailleur"

"J’ai tiré deux fois sur le poteau mais je savais que ça viendrait, avait lâché le buteur, après son exploit contre Monaco. Je suis resté concentré pour bien faire et j’ai pu marquer deux buts. Un rêve ? Oui ! Je n’ai même pas les mots pour dire à quel point, mais je suis très content."

A Diambars, où il a fait toutes ses classes, on n’est pas surpris de l’explosion de l’ancien pensionnaire. "C’est un jeune vraiment sérieux, discipliné et travailleur. Je vais vous donner une anecdote : à Diambars, il a eu un ligament croisé, les gens étaient en train de douter, se demandant comment il va s’en sortir. C’est un jeune qui est vraiment costaud qui ne pense qu’à travailler. Je suis fier de ses parents, on l’a bien éduqué", exulte Salif Keïta, son formateur, contacté par Emedia. "Je ne serai jamais surpris de ses prestations parce que j’ai travaillé avec lui, en plus ce qui est bien à Diambars, c’est que tous les coachs, ce sont des internationaux et les promotions tournent à chaque fois, poursuit-il. Mais, individuellement, je les prends une à deux fois pour le travail spécifique devant le gardien. Alors, je le connais mieux que les autres parce que je passais plus de temps avec lui. Quand je le voyais, je savais que c’est un jeune qui a une grosse marge de progression". Salif Keita avoue ne s’être jamais inquiété de son acclimatation en Europe : "Il est parti tôt en Europe, où ils ont l’avantage d’avoir plus de moyens et de possibilités pour que les jeunes progressent. Mais moi, je dirai que cela a un peu tardé parce que cela fait une année et demie qu’il est à Marseille. Il a eu du retard mais il n’est jamais trop tard. Je n’ai jamais douté de ses capacités. Il fallait simplement lui donner un peu de temps pour qu’il s’adapte à la culture européenne. Maintenant, on l’a vu, il commence à s’adapter et ses performances commencent à se voir.

Attaquant complet

Ses atouts : "Bamba est un attaquant qui est complet. Il va vite, il est puissant, et il est adroit devant les buts. La technique, c’est notre philosophie à Diambars. Cela veut dire que techniquement les jeunes sont bons et on travaille sur ce point."

Seul bémol, relevait-il, au téléphone d’Emedia après la performance de son élève, "sur les six occasions, il en a marqué deux. Au minimum, il devait en marquer trois ou quatre même parce qu’il a eu deux poteaux, une frappe en l’air, une autre dévissée. La moyenne, c’était trois buts. Mais sur le premier but, on le voit calme, il prend tout son temps, respire bien et prend l’angle. Pour marquer le deuxième but, il s’appuie en force, duel corps à corps avec le défenseur central monégasque, et frappe en pivot. C’est des atouts. Techniquement, il est bon."

Salif Keita, dithyrambique, lui pronostique un avenir doré aussi bien en sélection qu’en club : "C’est un des futurs grands attaquants de l’équipe nationale, prédit Salif Keita. Techniquement, il est bon, il est puissant et il marque des buts. Il va vite, alors s’il continue sur ce rythme-là, il sera un des grands attaquants du championnat français et surtout de l’équipe nationale. Parce qu’en équipe nationale, on a besoin de ce genre d’attaquants qui demandent le ballon en profondeur. Je pense qu’on a Ismaïla Sarr qui fait un ça mais des joueurs qui font des appels en profondeur sans ballons, je ne pense qu’on n’en a pas. Bamba est mieux placé pour ce genre de choses. Cela va aider l’équipe. Il faut que lui aussi, il reste calme, et écoute les coachs comme il l’a toujours fait à Diambars. Je pense qu’il est sur cette voie-là. Parce qu’il nous demande tout le temps après ses matchs pour décortiquer ses performances. Après ce match (NDRL : contre Monaco), je lui ai envoyé un message pour lui faire savoir que sur les six, la moyenne était de trois buts".

Outre son coach à Diambars, les performances de Dieng ont aussi suscité la fierté de son père Hamath : "S’asseoir devant la TV et voir son fils marquer deux buts, cela fait forcément plaisir, nous a-t-il confié hier. J’étais comblé de bonheur. Mais le plus dur reste à venir, il faut être constant, ne pas prendre la grosse tête. Ce n’est pas son genre, mais je l’encourage toujours à persévérer." Comme il l’a fait après sa rupture des ligaments croisés du genou, il y a quatre ans. Un accident de parcours qui n’a pas freiné sa progression. "Petit, il était terrible, raconte son père. Il aimait trop le foot, était obsédé ! Même pour manger, c’était un problème. On l’appelait, on le cherchait maintes fois… Cela m’énervait et je lui donnais quelques fessées. Mais il n’y avait rien à faire : il répétait ça le lendemain. On lui payait des habits traditionnels mais, il refusait de les porter. Il voulait des maillots floqués au nom de son idole, Alexis Sanchez. Même dans les cérémonies, il était en tenue de sport…". Et ce policier à la retraite de poursuivre : "Quelle que soit l’étroitesse de la rue, il y était du matin au soir pour jouer. Il était infatigable. Il courait derrière un ballon, en chiffon ou en plastique, avec son groupe d’amis du même âge. Il revenait avec des blessures. C’était un gladiateur, il se permettait de jouer pieds nus, il ne cherchait pas à porter des chaussures, il avait les doigts enflés…"

Les éloges de ses devanciers

Aujourd’hui, le statut du numéro 12 de l’OM a forcément changé. Même les anciens Olympiens Michy Batshuayi et Mamadou Niang ont été impressionnés. "Dieng, c’est beau à voir", a tweeté le Belge pendant la rencontre contre Monaco. "Bamba je kiffe", a gazouillé le second dans un message accompagné d’un smiley aux yeux en forme de cœur. Au même moment, les "Ohé, ohé, ohé, ohé, Bamba, Bamba" résonnaient à Louis-II. Tout un symbole. "Si on lui donne sa chance, il fera de très bonnes choses à l’OM !", prédisait son coach à Diambars, Mbaye Badji, en février. Bien vu.

À Marseille, les dirigeants jubilent d’avoir mis la main sur une telle pépite. « C’est un joueur qui est en train de grandir, s’enorgueillissait, le jeune président du club phocéen, Pablo Longoria, dans une interview accordée à Emedia, lors de sa visite dans les installations de l’Institut Diambars, avec lequel sa formation est liée par une convention de partenariat pour la période 2020-2023. Il a eu une blessure au genou, et depuis le premier jour, de son arrivée, il a performé avec la deuxième équipe. C’est en ce moment qu’il a intégré le groupe pro. Il est dans une phase très intéressante. Il a de la puissance, de la verticalité, de très bons mouvements sur les espaces"

D’autres jeunes joueurs de Diambars devraient arriver à l’OM dans les prochains mois, a-t-il annoncé. Et les dirigeants phocéens espèrent qu’ils auront la même réussite que Bamba Dieng.

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