TENSIONS À L’HÔPITAL RÉGIONAL DE ZIGUINCHOR

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SANTÉ

Le torchon brûle entre le directeur de l’hôpital régional de Ziguinchor et des travailleurs dudit établissement sanitaire. Ces derniers ont assiégé, ce mardi matin, le bureau du directeur qu’ils ont bloqué pendant des heures. Ils réclamaient l’amélioration de leurs conditions de travail notamment le paiement de leurs salaires et des indemnités. Il s’y ajoute le déficit de personnel ainsi que l’arrêt de certains services comme le bloc opératoire.

Dr Diama Sakho est la présidente de l’intersyndical des travailleurs de l’hôpital régional de Ziguinchor. Selon elle, ce sit-in a été organisé pour demander au directeur de prendre en considération leurs revendications qu’il méprise. « Aujourd’hui, c’est la frustration qui parle. C’est la frustration qui nous a amené à ce point. Comme le directeur n’est pas un interlocuteur avec qui on peut discuter, il comprendra que nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », a prévenu la présidente de l’intersyndical, renseignant que le directeur a perdu sa raison dans ses actions puisqu’il refuse d’écouter ses collaborateurs. « Cet hôpital fonctionne comme un dispensaire. Aucun service ne marche. Le personnel est resté deux mois sans recevoir les motivations. Il y a des arriérés pour l’achat du carburant et des retards de paiement des salaires », a-t-elle dénoncé.

Dr Diamo Sakho estime également que les travailleurs ne comprennent pas la démarche du directeur qui, d’après elle, ne comprend rien de la situation. « S’il est incapable, il n’a qu’à le dire. L’hôpital est plus malade que les malades. C’est une coquille vide. Le bloc ne marche pas, le personnel souffre de martyr. Tout le monde est frustré. Nous souffrons terriblement et il faut qu’il le comprenne », a martelé la syndicaliste qui dénonce le manque de communication du directeur.

Réplique du Directeur : Pas de recettes, pas d’indemnisation »

Interrogé à son tour, Martial Coly, directeur de l’hôpital régional de Ziguinchor a pris le contre-pied des travailleurs. Il a rejeté tous les propos développés par ces derniers. D’emblée, il a fait savoir qu’on ne peut pas parler de rupture de communication entre la direction et les travailleurs d’autant plus que ces derniers sont convoqués à toutes les réunions. Même si, précise-t-il pour le regretter : « parfois, ils ne viennent pas ». Mieux, il réitère sa disponibilité et dit rester ouvert à toute discussion, pourvu qu’elle soit constructive. Par rapport aux indemnités, le directeur de l’hôpital est resté catégorique.

Il a indiqué qu’il ne peut y avoir d’indemnisation quand il n’y a pas de recettes. A l’instar de tous autres secteurs, la maladie coronavirus n’a pas épargné l’hôpital régional de Ziguinchor. Lequel, de l’avis du directeur a connu, à cause de la maladie, une diminution de la baisse des recettes et des problèmes de recouvrement.

« Tout cela impacte sur la disponibilité des recettes pour pouvoir payer le personnel. Hier (Ndlr : lundi 21 décembre 2020) en réunion, l’un des premiers points qu’ils m’ont posés, c’est le paiement de leurs salaires au plus tard le 8 janvier 2021 et le paiement des motivations au plus tard le 15 janvier 201. Je leur ai dit que si l’argent est là, ça ne pose aucun problème, qu’on paie et salaires et primes. Et si on n’a pas d’argent, on ne peut pas faire autrement ». Pour ce qui est des insuffisances de spécialités, Martial Coly de rappeler que son rôle c’était d’informer la tutelle qui, rassure-t-il, est en train de prendre les dispositions pour combler ce déficit.

« Cette unité de production peut produire jusqu’à 67 millions de francs CFA »

Poursuivant son propos, le directeur explique que depuis son avènement dans cet hôpital, il cherche à améliorer la qualité des recettes mais également à améliorer la qualité des soins. C’est la raison pour laquelle il est en train de mettre en place une unité de production d’oxygène parce que celle existante connaît des pannes répétitives et ne couvre pas tous les besoins de l’hôpital. Ce qui pose un problème dans le cadre de la prise en charge des malades en particulier dans la gestion des urgences et surtout des polytraumatisés qui ont besoin d’une prise en charge très rapide.

« Cette unité production d’oxygène a été validée par le Conseil d’administration. Son avantage, c’est l’amélioration de la qualité des soins mais, cela va aider l’hôpital à faire un retour d’investissement. Cette unité de production peut produire jusqu’à 67 millions de francs CFA au maximum et le minimum jusqu’à 53 millions de francs CFA par an. Ce qui permettrait de régler un certain nombre de situations », a fait savoir le directeur de l’hôpital.

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