TÊTES D’AFFICHE

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PRÉSIDENTIELLE EN MAURITANIE

Tous les candidats ont sillonné le pays. Ils s’apprêtent à regagner la capitale pour la dernière ligne droite avec les meetings de clôture. Par contre, pas de débat télévisé entre eux, du moins pour le premier tour. Toutefois, en cas de deuxième tour, rien n’est exclu, dit-on « mezza vocce » ici à Nouakchott où l’ambiance monte d’un cran malgré les chaleurs d’étuve en milieu de journée.
Biram Ould Dah Ould Abeid, remuant militant anti-esclavagiste, surfe sur la vague de dénonciations qui fait mouche dans les couches déshéritées et chez les jeunes des différentes communautés assez sensibles à son message d’équité et de lutte contre les inégalités, sources de tensions permanentes auxquelles s’expose la Mauritanie, si des correctifs rigoureux et osés ne sont pas apportés, selon lui. Il est crédité d’un score en progression par rapport à la présidentielle de 2014 lorsqu’il a obtenu près de 9 % des voix.

Dr. Mohamed Ould Mouloud, (il insiste sur son titre et grade universitaire). Chef du parti de l’Union des forces du progrès (UFP, gauche) prône l’éducation, l’enseignement professionnel et la création de filière professionnelle dans l’optique d’une insertion des jeunes dans le processus productif qui s’offre au pays à l’aune des récentes découvertes d’hydrocarbures (gaz et pétrole). Le candidat de la gauche mauritanienne, très attaché aux valeurs d’équité et d’égalité des chances, préconise une allocation conséquente de ressources en faveur des couches les plus démunies de la société mauritanienne afin de favoriser un accroissement des actifs productifs susceptibles de rééquilibrer les données macro-économiques dans le but d’asseoir durablement une stabilité du pays en quête d’émergence socioéconomique.

Sidi Mohamed Ould Boubacar : « C’est l’Homme d’Etat « indique son slogan de campagne et diffusé à une très grande échelle (brochure, flyers, plaquettes, affiches, banderole et dazibao) à travers les grands axes de Nouakchott. Ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007). Il bénéficie du soutien d’une vaste coalition dont principalement la formation islamiste Tewassoul (force politique d’opposition) ainsi que de petits parti qui, n’ayant pas obtenus de résultats électoraux probants, ont été dissous comme le stipule la loi électorale de Mauritanie.

Baba Hamidou Kane : Ce journaliste cultive la discrétion et soigne son image. Il a été candidat en 2009, mais sans succès puisque son score d’alors avoisinait 2%. Il espère faire mieux pour celle de 2019. Dix ans de leçons de vie peuvent constituer, avec le recul, une introspection avenante pour repartir de l’avant. Représente-t-il le vote communautaire, comme semble l’insinuer une certaine opinion ? Lui s’en défend et veut un large rassemblement des forces autour de son programme pour redonner corps à l’unité nationale et brider ainsi les cloisonnements qui constituent une menace « voilée » du précaire équilibre qui prévaut.

Moins connu, moins tranchant voilà Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi : expert financier et haut fonctionnaire au Trésor mauritanien. Il pourrait apparaître aux yeux des analystes comme un candidat « sans illusion », rappelant à beaucoup de Sénégalais une certaine similitude de parcours avec un candidat de la gauche sénégalaise dans les années 80. Ses rallyes politiques sont l’occasion pour les jeunes de se retrouver et de tuer quelques peu les ennuis des campagnes avec quelques audaces technologiques qui agrémentent les caravanes de El-Wafi.

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