TEXTE & VIDEO - SUR LES TRACES DE CHEIKH AHMADOU BAMBA, FONDATEUR DU MOURIDISME

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LE SÉNÉGAL DANS L’HISTOIRE

Pour ce numéro, le premier d’une longue série consacrée à la vie et à l’œuvre de Serigne Touba et sa famille, nous faisons un focus sur Cheikh Ahmadou Bamba, celui qui a vaincu les troupes coloniales sans pour autant utiliser les armes. À travers sa résistance pacifique, le fondateur du Mouridisme a tracé une voie dans l’Islam. Mais surtout, il a défini un modèle de combat qui continue de faire de lui une figure importante du Sénégal mais également de la Ummah islamique.

Il est parti comme exilé, il est revenu comme conquérant. Sans arme, ni armée, cheikh Ahmadou Bamba est le seul parmi les résistants à échapper à la mort après avoir bravé plusieurs obstacles. Des obstacles tendus par les autorités francaises avec comme seul objectif la négation de la différence. Mais l’entreprise coloniale bute sur la science de Cheikh Ahmadou Bamba et surtout sur sa dévotion sans faille pour le bon Dieu. Une victoire sans précédent contre l’asservissement et la domination coloniale. Face aux armes, le fondateur du Mouridisme a répondu par les mots....

C’est à Mbacké que Cheikh Ahmadou Bamba voit le jour vers les années 1850. Mbacké, une localité située dans le baol et fondée en 1772 par son grand père Mame Marame Mbacké. De son vrai nom Ahmed Ben Ahmed Habib Allah, il est d’origine toucouleur. Descendant d’une famille maraboutique, le guide spirituel des Mourides apprend le Coran auprès de son père et en fait son fidèle compagnon durant toute son existence.

Une existence durant laquelle Cheikh Ahmadou Bamba va fuir le pouvoir temporel et les titres mais également les jouissances mondaines. Sur le chemin qui mène à l’Islam, il ne saute aucun pas. Ses premiers pas sont marqués par des études coraniques à Porokhane. Mais aussi en Mauritanie auprès de Cheikh Sidya, un grand maitre Khadr. Quant Lat Dior est élu pour le trône au Cayor, son père Mame Mor Anta Sally Mbacké va l’accompagner, Cheikh Ahmadou Bamba également. Mais, après la mort de son père en 1882 et celle de Lat Dior en 1886, il va quitter le Cayor pour fonder sa propre cité : TOUBA.

Touba devient, de fait, le haut lieu de la spiritualité mouride. Cheikh Ahmdou Bamba va y passer 7 ans pour se consacrer à l’adoration de Dieu. Sa dimension s’aggrandit, les disciples affluent de partout. Les puissances étrangères s’inquiètent.

RETOUR TRIOMPHAL

Une inquiétude qui se traduit par une convocation du Cheikh à Saint-Louis, par les autorités coloniales. Une machination à l’origine de l’ouverture des hostilités. Mais Cheikh Ahmadou Bamba ne va pas répondre à cette convocation. Il va plutôt envoyer son frère, Thierno Ibra Faty Mbacké, pour le représenter et prendre connaissance des motifs de sa convocation. Ce qui va susciter l’ire des colons qui vont alors envoyer une troupe pour l’obliger à répondre. Serigne Touba fera le premier pas et rencontre les colons à Diéoul avant de rallier Saint-Louis.

A Saint-Louis, le conseil privé a trois solutions : exécuter le Cheikh, le mettre en résidence surveillé ou l’exiler dans un endroit sans aucune chance de survie. C’est finalement la dernière option qui sera retenue par les autorités françaises. Le 21 septembre 1895, Cheikh Ahmadou Bamba fut embarqué dans le bateau « villle de Pernambouc ». Direction, le Gabon où il passera 7 ans et 9 mois. Une période durant laquelle il subit maintes épreuves, sévices et brimades. Mais il résiste, mieux il triomphe devant l’adversaire.

En témoigne son retour triomphal le 11 novembre 1902. Une foule immense l’accueille sur le port de Dakar mais également à Darou Salam. Destin inimaginé, parcours inédit, révolutionnaire moderne, Cheikh Ahmadou Bamba est rappelé à Dieu le 19 juillet 1927, laissant derrière lui plus de 7 tonnes d’écrits et surtout, une voie dans laquelle des millions de fidèles se sont inscrits : le Mouridisme. Mission accomplie pour un Cheikh d’une grande envergure.

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