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THIÉNÉBA, UN DES PREMIERS FOYERS DE LA TIDIANIYA, MOBILISE

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Fondée en 1882 par le marabout Amary Ngoné Ndack Seck (1831-1894), Thiénéba prépare la 143ème édition de son Gamou annuel. À l’instar de Tivaouane, Thiénaba va vivre intensément, dans le recueillement et le zikr, la célébration de la naissance du Prophète Mouhamed (Psl). Retour sur un foyer ardent de la tidianiya.

Thiénaba, le chef-lieu de la commune de Thiénéba et celui de l’arrondissement, l’une des trois sous-préfectures du département de Thiès dans la région éponyme, est situé entre les communes de Thiès et Khombole. Ce site dont le choix aurait été révélé au saint homme par un signe lumineux et qui fait, ainsi, partie des premiers foyers religieux du Sénégal se veut gardienne du temple de la charia, la loi islamique dans un État laïc comme le Sénégal où 95 % de la population sont des musulmans.

Dans cette cité, les autorités religieuses, tout en reconnaissant l’autorité administrative, sont les descendants du fondateur de la localité. Ils ont pris le soin de créer une sorte de ligne de démarcation qui divise la localité en deux parties : « Thiénaba gare » et « Thiénaba Seck », selon une source proche de la famille Seck. À l’en croire, cette dernière partie qui abrite les autorités religieuses, distante de Thiénaba-gare d’environ un kilomètre, abrite, également l’autorité administrative et toutes les infrastructures liées à l’administration, créées par le colon.

Ainsi, les autorités religieuses, pour perpétuer cette volonté de leur guide religieux, ont instauré la charia pour juger ceux qui osent franchir les interdits de l’Islam. De ce fait, il a la garde du fouet, un des instruments pour la correction de ceux qui bravent les interdits. Chaque année, à l’occasion du Gamou, l’évènement commémorant la naissance du Prophète Mohammad (Psl), note notre source, les populations de cette localité comme les fidèles qui ont fait allégeance à Thiénaba prennent l’engagement, devant la mosquée et le khalife général en tête qui incarne l’autorité religieuse, de respecter et faire respecter les principes et les valeurs de l’Islam. C’est ce qui fait qu’à Thiénaba Seck, la consommation de boissons alcoolisées, la cigarette, la fornication, y sont interdites, selon les informations recueillies sur place.

Thiénaba et Ahmadou Cheikhou Ba de Wouro Mahdiyou
Selon plusieurs sources, le Guide de Thiénéba est un digne successeur d’Ahmadou Cheikhou Ba de Wouro Mahdiyou. Mais comment en est-il arrivé à ce qui pourrait être considéré comme un grand tournant dans la vie d’Ahmadou Ndack Seck ? Comme l’ont noté plusieurs sources, c’est sans doute la lettre d’invitation à défendre la cause de l’Islam reçue, en 1871, de Cheikhou Ahmadou Ba qui a été un facteur déclencheur. Ensemble, ils menèrent de durs combats à la fois contre la colonisation et contre les princes noirs. Ahmadou Ndack a été de tous les combats menés par Cheikhou Ahmadou entre 1871 et 1875. Ainsi, avant de disparaître dans la bataille historique de Samba Sadio, révèlent nos sources, Cheikhou Ahmadou a transmis à son colistier, l’imamat du jihad, ainsi que les secrets de la Tidianiya.

Le moment du retour est arrivé pour Serigne Ahmadou Ndack Seck fit un long périple avant d’arriver à Thiénaba qu’il fonda en 1882. Communément appelé Serigne Thiénaba, il disparut en 1899. Son mausolée se trouve dans cette cité religieuse, située à 15 km de la ville de Thiès. Ses héritiers veillent encore à l’application de la Charia ou loi islamique, qui y est toujours de rigueur, mais aussi et surtout à la célébration du Mawloud.

EMEDIASN

8 octobre 2022


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