TIVAOUANE, DANS LA FERVEUR DU MAWLID

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GAMOU 2019

Tivaouane vit au rythme du Gamou. En ce jour de célébration de la naissance du prophète Mouhamed (Paix et Salut sur lui), la cité religieuse a déjà fait le plein. Les pèlerins sont venus des quatre coins du pays, mais également de l’étranger pour « célébrer, honorer, glorifier et exalter la nuit de la meilleure des créatures ». Les rues sont bondées de monde. Il faut s’armer de patience et jouer des coudes de temps à temps pour accéder aux différents lieux de convergence, comme les mausolées des guides religieux.

Aux alentours des mosquées, pèlerins, mendiants et vendeurs ambulants se bousculent. Depuis la veille de la nuit du Mawloud, la ferveur a déjà atteint son paroxysme. Des chants religieux sont distillés par les haut-parleurs fixés un peu partout dans la ville au grand bonheur des pèlerins. Souleymane Sall vient de la région de Dakar. Il est dans la cité religieuse depuis jeudi dernier pour, dit-il, assister à la dernière séance de "burda".

La soixantaine consommée, vêtu d’un grand boubou bleu, assorti d’un bonnet blanc bien posé sur sa tête, un chapelet à la main, l’homme vient de sortir du mausolée de Serigne Babacar Sy, l’air satisfait. Il nous explique comment il vit le Gamou. « C’est en 1982 que j’ai commencé à venir célébrer le Gamou à Tivaouane. Depuis cette date, je n’ai pas raté cet évènement. Le Gamou est un moment de béatitude. Nous le vivons en tant que musulman croyant. Cette croyance est basée sur les principes divins, moraux et sociaux recommandés par le prophète. Nous sommes ici pour témoigner l’amour que nous portons au prophète », explique-t-il. Avant de nous faire savoir qu’il est venu avec toute sa famille.

Le Gamou est un moment de prière, de recueillement et d’adoration de Dieu. Fatima, venue de Pikine, est là pour célébrer la nuit du Mawlid dans la cité religieuse. Et, elle ne compte pas rentrer chez elle sans faire son « ziarr » au mausolée de Serigne Babacar Sy, le plus prisé par les pèlerins. N’ayant pas eu le privilège des personnes âgées, elle est obligée de suivre la queue pour accomplir son vœu. La chaleur qui brûle les têtes ne la décourage pas. Elle se désaltère avec sa bouteille d’eau et avance lentement. « Je suis là pour Serigne Babacar Sy. Il est notre guide religieux. Je vais commencer mon ziarra à son mausolée avant de faire le tour des autres », explique-t-elle.

Poursuivant, elle loue la piété qui prévaut à Tivaouane et demande aux jeunes, surtout à la gent féminine, de suivre les enseignements du prophète pour changer le monde. Trouvé sous la tente dressée par le Coskas, son chapelet autour du cou, El Hadji Tidiane, l’air harassé, se repose. « Je suis un fatigué », avoue-t-il, avant d’ajouter : « Je suis venu hier et je n’ai pas encore fermé l’œil. Je faisais mes « ziar ». Il dit avoir formuler des prières pour ses défunts parents, les guides religieux ainsi que toutes les personnes disparues. En plus, il a prié pour que la paix règne au Sénégal. Amen...

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