TNT - MAMOUDOU IBRA KANE LISTE LES INQUIETUDES DES PATRONS DE PRESSE

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MÉDIAMÉTRIE, FINANCES, PÉTROLE ET GAZ

Vice-président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de la Presse sénégalaise (CDEPS), Mamoudou Ibra Kane était hier à Mbacké lors du lancement symbolique de la Télévision numérique terrestre. Face au ministre de la Culture et de la Communication et au président du CNRA, le représentant des patrons de presse a abordé les inquiétudes de ses pairs. Médiamétrie, finances, ressources pétrolières et gazières, parmi les sujets qui fâchent. Morceaux choisis de son discours.


LANCEMENT DE LA TNT

« L’ambition, j’allais dire cette vision de l’Etat du Sénégal est aussi celle du Collectif des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal, CDEPS que je représente au nom de son président empêché. Je le fais avec grand plaisir en ma modeste qualité de Vice-président de notre organisation. "LA TNT PARTOUT, POUR TOUS" pour me répéter. Paraphrasant l’autre, j’ajouterais : "LA TNT DE TOUS." Enfin on y est ! Juin 2020 n’est pas loin. Dans trois petits mois, le basculement intégral de la Télévision analogique à la Télévision numérique, va être effectif. Qu’Allah nous donne l’occasion et la force de répondre présent à ce grand rendez-vous de l’Audiovisuel. »

LENTEURS DANS LE BASCULEMENT

« Le Sénégal ne peut plus et ne doit plus attendre, d’autant plus qu’il a un leadership à assumer dans ce domaine. Cependant, sa longueur d’avance sur la TNT s’est considérablement réduite du fait de lenteurs déjà identifiées. Je crois savoir que nous en sommes tous conscients tout comme nous sommes déterminés à désormais aller de l’avant et à rattraper le temps perdu. Toutefois, vous en conviendrez avec moi, la TNT est un point de départ et non un point d’arrivée pour la Télévision sénégalaise. Que de mutations depuis son lancement lors des Jeux olympiques de Munich 72 ! N’est-ce pas, grand frère Babacar Diagne ? Que de transformations encore à venir ! Dans le secteur des médias, particulièrement de l’audiovisuel, l’évolution pour ne pas dire la révolution est permanente. Le CDEPS fonde beaucoup d’espoir dans le basculement intégral qui va intervenir très prochainement. Au-delà du défi technique et technologique en termes d’accès universel et de qualité d’image, il y a aussi et surtout les opportunités qu’offre le changement tant attendu. Dans cette perspective, l’enjeu du contenu n’est pas de moindre importance. L’image en qualité et en quantité qu’offre la TNT doit avoir comme écho, un contenu de qualité. Les deux continuant devront dorénavant aller de pair. Les professionnels sont challengés et ils doivent être à la hauteur des immenses et légitimes attentes de notre population. La politique de l’offre devra progressivement prendre la place de la politique de la demande. »

QUI PAIERA LA FACTURE ?

« J’aborde ainsi le sujet qui fâche. Le Cdeps souhaiterait être rassuré que l’État ne cherchera pas à reprendra aux télévisions, de la main gauche ce qu’il leur offrira de la main droite en termes de commodités techniques. Il faut le reconnaître, la TNT nous dispensera des lourds investissements naguère nécessaires et indispensables à la mise en place d’une chaîne de télévision. Au nombre des préoccupations, la question se pose avec acuité pour ce qui est du transport du signal et de la redevance. Les arriérés dûs aux opérateurs de télécommunications sont déjà assez élevés pour que l’État accepte d’aborder cette question avec le sens du discernement. Le fonds d’appui au développement de l’Audiovisuel ne devrait-il pas être alimenté en partie par un pourcentage à déterminé des ressources générées par la vente des fréquences analogiques libérées par les télévisions ? La réflexion doit être engagée. »

QU’EN SERA-T-IL DE LA MEDIAMÉTRIE ?

« Sa mise en œuvre permettrait non seulement de mettre fin à la guerre des sondages mais aussi une distribution de la publicité sur une base plus objective. C’est pour cela que nous appelons de tous nos vœux à l’élaboration d’un Code de la publicité pour assainir un secteur où tous les coups sont permis. Il s’agit surtout de permettre aux télévisions de pouvoir vivre véritablement de la publicité après avoir été délestées de la manne financière des produits de dépigmentation. La santé publique est à ce prix, nous en convenons et réaffirmons ici notre volonté de respecter à la fois la loi et les responsabilités confiées aujourd’hui au CNRA et demain à l’ARCA. Mais nous pensons aussi que l’État doit imaginer d’autres sources de revenus et de financement pour le secteur audiovisuel national. »

RESSOURCES PÉTROLIÈRES ET GAZIÈRES

« Enfin nous aimerions être rassurés sur l’avenir de la TNT au moment où nous nous apprêtons à franchir le pas de son universalité. Je fais allusion aux tentatives de récupération de la TNT par des sociétés étrangères que je me garderais de nommer. Comment ne pas mentionner l’entrée prochaine du Sénégal dans le cercle restreint voire fermé des pays producteurs de pétrole et de gaz ? Cette perspective que nous espérons heureuse, rend notre pays économiquement plus intéressant, en même temps qu’elle aiguise des appétits. Le secteur audiovisuel n’est pas et ne sera pas épargné. Nous voyons déjà ce qui se passe avec l’arrivée en force de puissants médias étrangers. C’est là aussi, sans exagération aucune, une question de souveraineté. Sans xénophobie non plus. »

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