TRISTES PÂQUES AU SRI LANKA : PLUS DE 150 MORTS DANS UNE SÉRIE D’EXPLOSIONS VISANT DES ÉGLISES

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INTERNATIONAL

Plus de 150 personnes sont mortes et plusieurs centaines ont été blessées ce dimanche dans une série d’explosions qui ont visé des hôtels et des églises où était célébrée la messe de Pâques.

Au moins 158 personnes, dont 35 de nationalité étrangère, ont été tuées ce dimanche dans une série d’explosions dans quatre hôtels et trois églises du Sri Lanka où était célébrée la messe de Pâques, a annoncé la police. Le bilan pourrait s’aggraver encore car plusieurs centaines de blessés ont été recensés dans cette vague d’attaques d’une violence rare, selon des sources hospitalières.

Un responsable de la police a indiqué sous couvert de l’anonymat qu’au moins 66 personnes avaient été tuées dans la capitale, où quatre hôtels et une église ont été frappés. Soixante-sept personnes ont aussi péri dans l’église Saint-Sébastien de Negombo, une localité située au nord de la capitale. Et 25 autres ont trouvé la mort selon la police dans une explosion dans une église de Batticaloa, dans l’est de l’île.

"Je condamne fortement les attaques lâches sur notre peuple aujourd’hui. J’appelle tous les Sri-Lankais à rester unis et fort en ces temps tragique", a déclaré le Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe sur son compte Twitter officiel, ajoutant que le gouvernement prenait des "mesures immédiates pour contenir la situation".

Le ministère de la Défense du Sri Lanka a décrété un couvre-feu de douze heures à partir de 18h locales et jusqu’à 6h lundi, et le gouvernement a par ailleurs annoncé "le blocage temporaire de toutes les plateformes de réseaux sociaux dans le but d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses".

La nature exacte de ces déflagrations demeurait inconnue dans l’immédiat et les attaques n’ont pour le moment pas été revendiquées. Mais le chef de la police nationale, Pujuth Jayasundara, avait alerté ses services il y a dix jours en indiquant qu’un mouvement islamiste appelé NTJ (National Thowheeth Jama’ath) projetait "des attentats suicides contre des églises importantes et la Haute commission indienne".

APPEL À L’AIDE

Le président srilankais Maithripala Sirisena s’est dit choqué par les explosions. De son côté, le ministre des Finances Mangala Samaraweera a déclaré sur Twitter que les attaques avaient tué "de nombreux innocents" et semblaient "une tentative coordonnée pour provoquer des meurtres, le chaos et l’anarchie".

"Attentat contre notre église, s’il vous plaît, venez nous aider si des membres de votre famille s’y trouvent", peut-on lire dans un message en anglais posté sur le compte Facebook de l’église Saint-Sébastien de Katuwapitiya, à Negombo.
"Réunion d’urgence dans quelques minutes. Les opérations de secours sont en cours", a tweeté de son côté le ministre des Réformes économiques Harsha de Silva. Il a fait état de "scènes horribles" à l’église Saint-Anthony de Colombo et dans deux des hôtels visés où il s’est rendu.

"J’ai vu des morceaux de corps éparpillés partout", a-t-il tweeté, ajoutant qu’il y avait "beaucoup de victimes dont des étrangers". "S’il vous plaît restez calmes et à l’intérieur", a-t-il ajouté.
Le Sri Lanka est un pays à majorité bouddhiste, et les catholiques sont estimés à 1,2 million sur une population totale de 21 millions d’habitants. Les catholiques sont perçus comme une force unificatrice car on en trouve chez les Tamouls comme chez la majorité cinghalaise. Certains chrétiens sont cependant mal vus parce qu’ils soutiennent des enquêtes extérieures sur les crimes de l’armée srilankaise contre les Tamouls pendant la guerre civile qui s’est achevée en 2009.

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