Tuerie au Mali : Pr Fary Silate Ka dénonce le silence de l’Ua et de la Cedeao

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MALI

Les réactions d’indignation pleuvent après le massacre des peuls au Mali. Invité de l’émission « La valise diplomatique », sur iRadio (90.3), Pr Fary Silate KA, linguiste et enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar dénonce une « volonté de génocide pour faire quitter les peuls le Macina ». Poursuivant, il fustige le mutisme de l’Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

« On entend jamais (l’UA) et la CEDEAO », fulmine-t-il, en martelant « on se pose des questions légitimes. Pourquoi (l’UA) ne se prononce pas sur la question au Mali. Je ne dis même pas les peuls mais la situation au Mali ? Tout le monde en a parlé sauf l’UA et la CEDEAO. Nous voulons qu’il y ait une commission d’enquête de l’UA. Il faut que les Africains travaillent pour eux-mêmes par la dignité et la souveraineté, qu’ils aillent voir ce qui se passe, pour jouer un rôle, s’il faut activer les mécanismes traditionnels de gestion des conflits vers la paix. »

Le président de l’association Tabital Pulaagu en veut pour preuve : « Les Peuls et les Dogons, à chaque fois qu’il y a des crises et même s’il y a des tueries, on a des informations au Mali (selon lesquelles) il y a des villages au Mali qui s’entendent, qui discutent entre eux. Mais ceux qui tuent les Peuls, ce n’est pas seulement les ’’Dogons’’. »

Aussi, à côté des enquêtes notamment de la CPI et de l’ONU, Pr Fary Silate KA et ses camarades de l’association Tabital Pulaagu, « entendent mener des actions. » Il explique : « Ces peuls sont tués régulièrement et quotidiennement depuis bientôt cinq (5) ans. Il a fallu que ce grand nombre soit tué d’un seul coup pour que tout le monde pousse des cris d’orfraie. Nous estimons d’ailleurs que c’est hypocrite. Mais, mieux vaut tard que jamais. Maintenant, si la CPI s’est autosaisie, on s’en félicite. On espère que cela va aboutir à quelque chose. Si le président Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) est allé rendre visite aux victimes, c’est la deuxième fois qu’il dissout le groupe de chasseurs dogons ’’Dan Nan Ambassagou’’ et pris des mesures contre l’Armée, tout cela on s’en félicite.

C’est un premier pas qui nous semble d’une importance capitale. Mais pour nous autres, Tabital pulaagu, ce que nous pensons pouvoir faire par exemple ici au Sénégal, c’est de mettre en synergie les organisations de défense des droits de l’homme parce que ce n’est pas une question ethnique mais c’est une crise africaine. Il faut faire tout pour protéger le peuple. Tout le monde meurt. »
Rien que l’année dernière au Mali, 202 morts ont été enregistrés, toutes communautés confondues.

L’enseignant-chercheur de poursuivre : « On a dit maintenant qu’on va tenir une démarche holistique en rassemblant ici au Sénégal toutes les organisations de défense des droits de l’homme (RADDHO, Africa Jom, la société civile, etc.). En plus de certaines ONG (Organisations non gouvernementales) qui veulent bien se mettre autour d’une table pour des stratégies d’intervention ou en tout cas de plaidoyer pour sauver le Mali dans le cadre du Sahel parce qu’il n’y a pas que le Mali, il y a le Niger. C’est l’effervescence. Imaginez-vous que n’en pouvant plus les gens aillent en guerre civile, que Dieu nous en protège. Ce sera interminable parce que tous les peuls risquent de s’impliquer là-dedans. Du Sénégal jusqu’en Érythrée, il y a des Peuls. Ils sont estimés au bas mot à 65 millions. »

Aussi, les sanctions posées par le gouvernement malien ne sont pas suffisantes, selon lui. Dès lors, il plaide pour le « démantèlement des camps des milices ». Le préalable, indique-t-il toutefois, « c’est que justice soit rendue, qu’on identifie les coupables et qu’on les traduise en justice. »

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