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UE-UA POUR UNE AMBITION COMMUNE

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Les dirigeants de l’UE et de l’UA, réunis les 17 et 18 février, ont annoncé « un paquet d’investissements Afrique-Europe d’au moins 150 milliards d’euros » au service « d’une ambition commune » pour 2030 et de l’agenda 2063 de l’UA. « Pour une Afrique et une Europe prospères et durables », ce paquet d’investissements est composé « de trois volets portant sur les investissements, la santé et l’éducation ».

Il contribuera à « la mise en place d’économies plus diversifiées, inclusives, durables et résilientes », à travers « une vision commune d’un partenariat renouvelé pour construire un avenir commun, en tant que partenaires et voisins les plus proches », informe un communiqué reçu à Emedia. Lequel ajoute que ce partenariat renouvelé aborde tant « les perspectives et les défis immédiats que les possibilités à long terme offertes par la coopération. ». Le « premier défi consiste à assurer un accès juste et équitable aux vaccins. Ensemble, nous soutiendrons les mécanismes locaux et régionaux de passation de marchés, ainsi que l’attribution et le déploiement de produits médicaux. L’UE réaffirme qu’elle est déterminée à fournir à l’Afrique au moins 450 millions de doses de vaccin, en coordination avec la plateforme de l’équipe spéciale pour l’acquisition de vaccins en Afrique (AVATT), d’ici la mi-2022. »

Dans ce sillage, l’Équipe Europe s’engage à mettre « plus de 3 milliards de dollars (soit l’équivalent de 400 millions de doses de vaccin) à la disposition du mécanisme COVAX et des efforts de vaccination sur le continent africain. » Ce, afin de « contribuer à cet objectif et compléter les actions de cette équipe spéciale. » Par ailleurs, « l’Équipe Europe mobilisera 425 millions d’euros pour accélérer le rythme de la vaccination et, en coordination avec le CDC Afrique, pour soutenir la distribution efficace de doses et la formation des équipes médicales, ainsi que pour renforcer les capacités d’analyse et de séquençage. Forts des enseignements tirés de la crise sanitaire actuelle, nous sommes déterminés à soutenir la souveraineté à part entière de l’Afrique en matière de santé, afin que le continent soit en mesure de réagir aux futures urgences de santé publique. À cette fin, nous soutenons un programme commun pour la fabrication de vaccins, de médicaments, de dispositifs de diagnostic, de traitements et de produits de santé en Afrique, y compris des investissements dans les capacités de production, des transferts volontaires de technologies ainsi que le renforcement du cadre réglementaire pour permettre un accès équitable aux vaccins, aux diagnostics et aux traitements. L’Union africaine et l’Union européenne ont souligné l’urgence de la contribution de l’OMC à la lutte contre la pandémie et à la reprise de l’économie mondiale, et s’engagent à coopérer de manière constructive dans la perspective d’un accord sur une réponse globale de l’OMC à la pandémie, qui comporte des aspects liés au commerce ainsi qu’à la propriété intellectuelle. »

Pour faire face aux effets macroéconomiques de la crise de la COVID-19 sur les économies africaines, il est prévu de « canaliser une partie des 3 droits de tirage spéciaux (DTS) récemment alloués de manière à réaliser l’ambition mondiale de réunir au total au moins 100 milliards de dollars d’aide en matière de liquidités pour les pays qui en ont le plus besoin, dont une grande partie devrait être destinée à l’Afrique. » Déjà, l’Équipe Europe se félicite « des 55 milliards de dollars qui ont déjà été promis au titre de la nouvelle allocation de DTS, dont 13 milliards de dollars ont jusqu’à présent été promis par plusieurs États membres de l’UE. »

Concernant le point relatif à la paix et la sécurité, il est retenu que « face à des défis communs croissants en matière de sécurité, nous annonçons une coopération renouvelée et renforcée pour la paix et la sécurité. Nos deux continents entretiennent une coopération de longue date dont le principe fondateur est la recherche de solutions africaines aux problèmes africains, dans le cadre de l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS), et qui est inscrite dans le protocole d’accord UA-UE sur la paix, la sécurité et la gouvernance (2018), conçu pour lutter contre l’instabilité, la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, en s’attaquant aux causes profondes des conflits et en abordant le cycle d’un conflit dans son ensemble au moyen de l’approche intégrée. Nous exprimons notre détermination à approfondir notre coopération en fournissant un soutien en faveur de formations, d’un renforcement des capacités et d’équipements adéquats, afin de renforcer et d’intensifier les opérations de paix autonomes menées par les forces de défense et de sécurité africaines, y compris au travers de missions et de mesures d’assistance de l’UE, ainsi qu’en appuyant le renforcement des capacités des services répressifs. Ensemble, nous continuerons également à appuyer les opérations de soutien de la paix sous conduite africaine et les discussions en cours sur l’utilisation des contributions déterminées par les Nations unies pour les opérations autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que la mise en œuvre, dans ce contexte, du cadre de conformité aux droits de l’homme de l’UA. Nous intensifierons notre coopération en matière de sécurité, y compris dans le domaine de la cybersécurité. Nous unirons nos efforts pour continuer à promouvoir l’État de droit et la mise en œuvre des programmes concernant les femmes, la paix et la sécurité, les enfants face aux conflits armés, et la jeunesse, la paix et la sécurité, sur la base d’actions concrètes visant à parvenir à une paix durable. Nous continuerons à respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire, ainsi qu’à en promouvoir le respect. »

Les parties se sont également engagées « à traiter tous les aspects de la migration et de la mobilité, dans le respect des compétences nationales, de manière intégrée, globale et équilibrée » en renforçant « les régimes d’asile en vue d’offrir un accueil et une protection adéquats aux personnes qui y ont droit », en œuvrant à leur intégration, et en s’attaquant « aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés. »

Le suivi sera assuré régulièrement par l’intermédiaire des structures UA-UE existantes, y compris le comité ministériel UA-UE de suivi.

Die BA

20 février 2022


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