ULTIMATUM DU COLLECTIF ÑO LANK : LA RÉPONSE DE ZAHRA IYANE THIAM

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JURY DU DIMANCHE

Le collectif "ño lank" (nous refusons, ndlr), tient ses réponses suite à l’ultimatum que ses membres ont lancé au président Macky Sall. ’’Y’en a marre’’, ’’Aar Li ñu bokk’’, le Forum social sénégalais, les syndicats d’enseignants, appuyés par des étudiants, entre autres structures, avaient exigé, lors de leur marche, initiée vendredi dernier, 13 décembre, entre autres doléances, la libération de 8 des leurs camarades (Guy Marius Sagna, Dr Babacar Diop et d’autres dont des étudiants) arrêtés devant les grilles du Palais présidentiel. L’avertissement court jusqu’à jeudi prochain sinon Alioune Badara Mbodj du mouvement Frapp/France dégage et Cie menacent d’assiéger la Place de l’Indépendance puis de marcher sur le Palais.

L’Etat va-t-il libérer Guy Marius Sagna, Dr Babacar Diop et leurs camarades ? « Ce n’est pas à l’Etat de (les) libérer, réagit Zahra Iyane Thiam, ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, invitée du Jury du dimanche (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio et Itv, ce 15 décembre. C’est une question qu’il faut adresser à la Justice. Ils seront jugés sur la base de faits parce que la justice, conformément à des lois et textes en vigueur, ne se fait pas sur la base de pression ou de désir. »

S’agissant du décret annulant la hausse du prix de l’électricité réclamé par les manifestants, la membre du Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR, parti au pouvoir) tient à rectifier : « Parler de hausse du prix de l’électricité, c’est un abus de langage. Parce qu’aucune hausse n’est intervenue sur le prix. » Par contre, « il y a eu le retrait d’une catégorie de clients de la tranche sociale subventionnée par l’Etat du Sénégal. C’est cela la corrélation qu’il faut avoir avec les propos que j’ai tenus (selon lesquels il faut) sécuriser le pouvoir d’achat des travailleurs. »

Quid de l’ajout sur la facture ? Cela, détaille-t-elle, « concerne cette tranche de clients bien déterminée enlevée de la subvention. L’Etat du Sénégal, dans le cadre de la compensation au niveau du secteur de l’électricité subventionne chaque année à hauteur de 250 milliards F CFA le client de la SENELEC pour justement permettre de réguler les prix puisqu’on ne leur impute pas les fluctuations du cours mondial. C’est pour permettre justement d’être équilibré sur les prix que l’Etat y met une subvention.

Maintenant, en mettant une subvention, il y a plusieurs catégories qui sont identifiées sur la base de la consommation électrique. Vous avez certains qui ont une puissance de consommation comprise entre 0 et 150 Kw/h, d’autres sont au-dessus de cette tranche. Quand vous entendez une puissance comprise entre 0 et 150 Kw/h, cela veut dire que c’est une famille normale avec quelques appareils électroménagers. C’est la famille dans la classe moyenne. Ils avoisinent plus de 600 mille ménages. Pour cette catégorie, l’Etat du Sénégal indique que les prix n’ont pas bougé d’un iota. Et la subvention sera maintenue.

Maintenant, pour cette autre catégorie qui consomme plus, et qui, de notre point de vue, a pu bénéficier de l’ensemble des politiques publiques mises en œuvre. (...) Aujourd’hui, on est en transition vers un statut de pays pétrolier et gazier. En attendant, on fait des aménagements, des investissements pour atteindre la vitesse de croisière. »

Toutefois, signale-t-elle : « Toutes les menaces doivent être prises au sérieux. Nous sommes dans un Etat de droit, et en tant que détenteur du suffrage populaire, nous devons être présents à deux niveaux : être à l’écoute des populations et être en conformité avec l’arbitrage qui fait partie de la mission régalienne de l’Etat. (Autrement dit), une fois que tous les désirs sont énoncés par les uns et les autres, il faut que force reste à la loi pour qu’on puisse sécuriser le pouvoir d’achat de tout un chacun. »

« Un choix de gouvernance que nous assumons »

Vous n’y reviendrez pas ? « Si nous allons dans la cohérence des actes qui sont posés, nous disons qu’il nous faut enclencher des réformes pour mieux bénéficier de toutes les retombées qui viendront en 2023. D’ici là, nous sommes en 2019, il y a tout un investissement à faire. Il y a également l’inclusion économique, sociale, de nos populations, qu’il faut assurer pour justement créer les conditions de notre émergence, reposant sur nos ressources internes. Nous avons vu le contexte mondial, devons-nous nous baser sur l’extérieur pour atteindre notre émergence ou l’Etat doit-il créer les conditions d’avoir des ressources internes propres, socle de son émergence ? »

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