UN MODÈLE !

news-details
HOMMAGE AU PR SOULEYMANE NIANG

L’inoubliable figure des sciences, du savoir et de la sagesse renaît à la faveur de la cérémonie de remise des prix du Concours Général, édition 2021. La mythique salle de Sorano a retrouvé son allant des glorieuses années pour abriter avec solennité la fête des esprits, jeunes et brillants qui, pour l’occasion, se lient à un homme d’exception, un universitaire de haut rang : Professeur Souleymane Niang. Les nouvelles générations ne l’ont pas connu mais sûrement ont-elles entendu parler de lui à travers son œuvre, immense, son parcours, remarquable, et sa destinée, fa-bu-leu-se ! Ne serait-ce que d’avoir été un mathématicien de rang mondial, en tant que Sénégalais inspire respect et considération. Sa charge de recteur de l’Université de Dakar suffira également pour apprécier la dimension de ce surdoué des sciences. Enseignant, pédagogue, Pr Souleymane Niang a varié les répertoires de sa personnalité à la fois simple et complexe. Son érudition proviendrait de sa famille constellée de gens de savoir.

En vérité, il était accessible, patient et doté d’un sens aigu de l’écoute. Il deviendra plus tard le Président de l’Académie des Sciences. Sa frêle silhouette et son allure racée donnaient de lui l’image de l’intellectuel accompli. Il fuyait les mondanités et adorait les assemblées de savoir où il décortiquait les sujets avec une déconcertante habileté devant des publics souvent conquis. Pour ses pairs, il était un génie de la science, comme l’attestent ses travaux et sa Chaire de Mécanique rationnelle. A cet égard, il affichait fièrement son statut de Professeur titulaire de classe exceptionnelle. Il n’était pas tribun, parce qu’il n’a pas harangué les foules. Il a plutôt préféré les amphithéâtres où, par effet de démonstration savamment orchestrée, le célèbre mathématicien alignait les éléments de conviction. Adroit, il était. Rigoureux, il le fut toute sa vie durant.

Son autorité naturelle faisait le reste face aux étudiants, au corps professoral ou à l’administration. Ses rapports au pouvoir ne souffraient d’aucune ambiguïté. Il ne transigeait pas devant les principes mais s’accommodait de certaines circonstances pour assouplir ses positions sans ruiner son prestige.

Les générations d’étudiants lui témoignent cette droiture et se mettent à regretter cette période où des hommes de qualité ont été les incarnations d’un pouvoir fort à tous les échelons de responsabilité. Cette espèce d’hommes de valeur tendant à disparaître, laisse place à un vide comblé par une médiocrité ambiante que tentent de repousser les autorités académiques actuelles qui renouent avec la tradition d’excellence. Le Recteur Souleymane Niang de son vivant, avait déjà montré la voie…

Vous pouvez réagir à cet article