UN PRÉJUDICE DE PLUS D’UN MILLIARD, L’ENQUÊTE CONFIÉE À LA BRIGADE PRÉVÔTALE

news-details
INCENDIE À L’INTENDANCE DES ARMÉES

Nous en savons désormais un peu plus sur le violent incendie qui s’est déclaré dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 décembre 2019, à l’entrepôt de l’intendance des armées, à Dakar, sur l’avenue Lamine Guèye, en face du Grand Théâtre national.

Et, comme annoncé en exclusivité sur Emedia.sn, les dégâts matériels sont énormes. Selon plusieurs sources militaires, le préjudice subi pourrait être estimé à plus d’un milliard F CFA. « Les dégâts sont immenses, c’est tout un grand magasin de stockage qui est ainsi parti en fumée », glisse une source sous le sceau de l’anonymat. Il faut noter que l’incendie s’est déclaré vers 01h du matin, alors que les Sapeurs pompiers n’ont pu totalement éteindre le feu que dans l’après-midi, soit plus de 10 tours d’horloge plus tard.

Réunion au palais, enquête en cours, procureur aux aguets

Dans le grand magasin de stockage qui a subi la furie des flammes, une autre source de Emedia.sn révèle qu’il y avait « des tenues classiques de l’Armée sénégalaise (les tenues de combat en camouflage), des chaussures et autres diverses dotations qui servent à toute l’armée. » Le magasin de stockage en question jouxtait également un bâtiment administratif qui a pu résister par la grâce de la solidité de son architecture de type colonial, même si, nous souffle-t-on, une partie du secrétariat et un autre bureau de vérification ont pu être touchés par l’incendie dont les causes ne sont toujours pas connues.

Pour vérifier nos informations et avoir une idée plus précise de l’ampleur et de la cause des dégâts, nous avons interrogé le Colonel Abdoul Ndiaye, Directeur de l’Information et des Relations Publiques de l’Armée (DIRPA). Sans entrer dans les détails, il nous confirme que « tout le magasin a brûlé », emportant ainsi tout le stock. « Tout est brûlé », insiste-t-il. Interrogé sur le contenu du stock et l’éventualité qu’il puisse y avoir des munitions ou des armes, il assure : « Les armes, munitions et autres véhicules de type militaires ne sont pas gérés par la Direction de l’intendance des armées mais plutôt par la Direction du matériel des armées. Du coup, je suis en mesure de vous dir qu’il n’y avait absolument aucune arme ou munition dans ce qui est partie en fumée, mais les tenues militaires, les chaussures dites "Rangers", les tenues de sports et loisirs, les couchages et peut-être des denrées... »

« L’armée n’a rien à cacher »

Le patron de la DIRPA ne s’avance pas sur une estimation du préjudice subi. Pour une raison toute simple : quelque soit l’ampleur des dégâts, il appartient à l’enquête de la déterminer, tout comme pour la cause de l’incendie. Cette enquête est d’ailleurs en cours, indique-t-il. Elle est menée, comme d’usage, par la Brigade prévôtale, chargée des enquêtes judiciaires au sein des forces de défense et de sécurité. Selon nos informations, une réunion d’urgence se serait d’ailleurs tenue au palais pour évoquer cette affaire, le jour même de l’incendie. A l’issue de l’enquête qui déterminera s’il s’agit d’un incendie accidentel ou criminel, ou encore s’il y a eu négligence ou non quelque part dans les conditions de sécurité du stockage, le dossier sera transmis au Procureur.

Une procédure qui, jusqu’ici suit parfaitement les contours préalablement tracés, si l’on en croit le Colonel Abdoul Ndiaye. « Rassurez-vous, l’armée n’a rien à cacher. Il faut juste comprendre qu’il y a une procédure à suivre et dès que la nécessité de communiquer sur la question se fait sentir, on le fera. Pour le moment, l’enquête est gérée par la Brigade prévôtale qui est en train de chercher les différents indices et va ensuite transmettre ses résultats au Procureur et au besoin, il faudra peut-être voir avec ce dernier. »

Aucune menace sur le défilé du 4 avril

Pour terminer, nos différents interlocuteurs sur le sujet sont unanimes sur un fait : malgré l’ampleur des dégâts, il n’y a pas à craindre une quelconque incidence sur le traditionnel défilé militaire du 4 avril prochain, soit dans précisément trois mois, jour pour jour. « C’est vrai que c’est l’intendance qui fournit à toute l’armée les tenues, mais il n’y a pas à craindre que l’incendie ait une incidence sur le défilé car l’intendance a plusieurs magasins de stockage différents, rassure un de nos interlocuteurs ayant requis l’anonymat. D’ailleurs, à la veille du 4 avril chaque corps de l’armée reçoit une dotation, même ceux qui ne participent pas au défilé, pour dire que le stock est suffisamment important pour que cela ne se ressente pas par les seuls qui battront le macadam lors de la fête de l’indépendance. »

La Direction de l’Intendance des Armées est régie par l’article 15 du décret n° 2006-111 du 16 février 2006 fixant l’organisation et les attributions de l’Etat-Major général des Armées, des états-majors d’armée et des directions de service rattachées. Elle fait partie des huit (8) directions rattachées à l’Etat Major général des Armées.


Art. 15. - La Direction de l’Intendance des Armées est dirigée par un intendant militaire officier général ou supérieur nommé par décret.
Le Directeur de l’Intendance des Armées est assisté par un adjoint, officier supérieur, nommé par arrêté du Ministre chargé des Forces armées.
La Direction de l’Intendance comprend :
-  un secrétariat particulier,
-  quatre divisions articulées en bureaux :
* la Division ressources humaines ;
* la Division Budget Finances ;
* la Division Approvisionnements ;
* la Division Etudes et Soutien aux Opérations.
-  des intendances régionales à compétence
générale ;
-  un centre comptable des Armées ;
-  des établissements « Subsistances » et
« Habillement » ;
-  le Bataillon de l’Intendance.
Chaque division est dirigée par un officier supérieur nommé par arrêté du Ministre chargé des Forces armées.
Le Bataillon de l’Intendance relève directement de l’autorité du Directeur de l’Intendance des Armées.

Vous pouvez réagir à cet article