UN PUISSANT SÉISME SECOUE LA TURQUIE, AU MOINS 14 MORTS

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INTERNATIONAL

Un séisme de magnitude 7 est survenu vendredi en mer Égée aux confins de la Turquie et de l’île grecque de Samos, faisant au moins 14 victimes. La France a immédiatement proposé son aide.

La secousse a été ressentie jusqu’à Athènes et Istanbul. Un puissant séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter a secoué ce vendredi 30 octobre l’ouest de la Turquie et provoqué l’effondrement de plusieurs immeubles, ont rapporté l’Institut de géophysique américain (USGS) et les médias turcs. Le tremblement de terre s’est produit en mer Egée, au sud-ouest d’Izmir, troisième plus grande ville de Turquie, et près de l’île grecque de Samos.

En Turquie, le bilan, toujours provisoire, fait pour l’instant état d’au moins douze morts et plus de 400 blessés. D’importants moyens de secours ont été déployés.


Des personnes bloquées sous les décombres

"À ce stade, nous avons reçu des informations selon lesquelles six immeubles se sont effondrés à Bornova et Bayrakli", dans la province d’Izmir, a indiqué le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu sur Twitter. "Certains de nos concitoyens sont coincés dans les décombres", a ajouté le ministre de l’Environnement Murat Kurum, faisant état pour sa part de cinq immeubles effondrés. Des images de médias partagées sur les réseaux sociaux montrent des dégâts importants dans la région d’Izmir.

Les autorités turques ont quant à elles chiffré la secousse à 6,6 sur l’échelle de Richter. Les télévisions turques montraient les images de nuages de poussière s’élevant dans le ciel pendant que des habitants se précipitaient dans les rues en panique.

Le gouverneur d’Istanbul Ali Yerlikaya a indiqué qu’aucun dégât n’avait été constaté dans l’immédiat dans la capitale économique du pays. "Toutes nos institutions ont commencé à se rendre sur les lieux pour entamer les efforts nécessaires", a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan sur Twitter.


"Mini-tsunami" à Samos, deux adolescents décédés

Cette secousse tellurique a provoqué par la suite un "mini-tsunami" sur l’île grecque de Samos, aux conséquences dramatiques. Selon la chaîne Ert, deux jeunes adolescents, un garçon et une fille, ont été tués après l’écroulement d’un mur. Les victimes âgées de 15 et 17 ans, affirme le quotidien grec Kathimerini, marchaient dans une rue étroite avant que le mur ne les écrase.

Le "mini-tsunami" a abîmé de nombreux bâtiments, la plupart anciens, dont une église située dans le port de Karlovassi, dont la chaîne Ert a diffusé les images. On y voit la mer entrer dans les ruelles de la ville. Les voitures flotter. "C’était le chaos, nous n’avons jamais vécu cela", a indiqué le vice-maire de Samos, Giorgos Dionysiou, à la chaîne publique. Les habitations les plus récentes ont, elles, tenu le coup, dans cette région très habituée aux séismes.

Outre les deux décès, quatre blessés sont soignés à l’hôpital de Samos et quatre autres au centre de santé de Karlovassi. "Il s’agit surtout de blessures orthopédiques", a tenu à rassurer auprès de la Ert le directeur de l’hôpital de Samos, Nikos Stephanis. "Aucune personne n’a été pour l’instant bloquée dans des maisons", a indiqué à l’AFP un porte-parole des pompiers.

Ressenti fortement à Samos mais aussi sur l’île de Crète ainsi qu’à Athènes, le séisme d’une durée importante "a été enregistré à 11h51 GMT et son épicentre est situé à 19 kilomètres au large de Samos et à deux kilomètres de profondeur", selon un communiqué de l’Observatoire.

Le Secrétariat général grec à la protection civile a appelé les résidents de cette île de 45.000 habitants, mais aussi des îles voisines, à rester à l’écart des zones côtières en raison du risque de fortes vagues et à rester à l’extérieur en cas de répliques. En outre, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qui devait s’adresser à la nation ce vendredi après-midi et annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre la propagation de l’épidémie de coronavirus, a reporté son allocution à samedi.


Le Premier ministre grec a appelé Erdogan

La Grèce et la Turquie sont situées sur d’importantes failles géologiques et les tremblements de terre y sont fréquents, surtout en mer. Malgré les vives tensions qui opposent les deux pays, les ministres des Affaires étrangers "ont souligné qu’ils étaient prêts, en cas de besoin, à s’aider et se soutenir mutuellement", a indiqué le ministère turc dans un communiqué.

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a même appelé dans l’après-midi le président turc Erdogan pour lui exprimer "ses condoléances". "Je viens d’appeler le président turc pour lui exprimer mes condoléances pour la perte tragique de vies. Dans ces moments, nos peuples ont besoin de faire front commun indépendamment de nos différences", a écrit Kyriakos Mitsotakis. Des tensions existent entre deux voisins sur la délimitation des eaux en Méditerranée orientale, considérées riches en hydrocarbures.

La France propose son aide

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a immédiatement réagi aux événements. "Un puissant séisme vient de toucher la Turquie et des îles grecques. La France se tient aux côtés des peuples turcs et grecs pour faire face à cette terrible épreuve", a-t-il tweeté. Le ministre a ensuite indiqué que "si les gouvernements de ces pays le souhaitent, des secours français peuvent être immédiatement acheminés sur place".

Les messages de soutien de la part de la classe politique française se succèdent sur les réseaux sociaux. "Pleine solidarité avec les populations grecques et turques", écrit le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. "Nous sommes à leurs côtés et prêts à nous mobiliser pour les aider." "Je me suis entretenu avec le gouvernement grec pour formuler ce soutien", renchérit le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune. La députée (LFI) de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, a, elle, adressé sa "pleine solidarité aux populations touchées par ce drame, ainsi qu’aux secouristes sur place".

L’Union européenne, via la voix de la présidente de la Commission, Ursula Von Der Leyen, a indiqué "suivre la situation" et être prête à "aider, de toutes les manières possibles".

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