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UN SERVICE À RISQUES

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Une tragédie ! Onze bébés sont morts calcinés dans un incendie à l’unité de néonatalogie de l’hôpital Abdoul Aziz Sy Dabakh de Tivaouane, dans la nuit du mercredi au jeudi 26 mai. Un nouveau drame après celui des quatre bébés morts dans les mêmes circonstances atroces. C’était le 24 avril 2021 à Linguère.

Le 7 octobre dernier à 10 h 14 mn, le couple Karima Yassine et Reda Saleh était heureux d’accueillir leur deuxième bébé de sexe féminin. Mais la petite a trouvé la mort dans des circonstances tragiques, à la clinique des Madeleines. Le nouveau-né, admis dans l’établissement, a été retrouvé asphyxié et carbonisé. Emedia.sn a donné la parole au Dr Lamine Touré, pédiatre de l’hôpital régional de Matam. Ce dernier décrit un service à risques : « on y utilise beaucoup d’électricité ». D’où l’obligation de respecter les normes de sécurité incendie, à côté « d’une surveillance stricte et régulière » des nouveaux nés.

Qu’est-ce qu’une unité de néonatalogie ?

« Une unité de néonatalogie est incluse dans les services de pédiatrie. Quand on parle d’une unité de néonatalogie, c’est une unité de prise en charge des nouveaux nés c’est-à-dire des bébés âgés jusqu’à 28 jours qui présentent des pathologies (à ou après) la naissance. C’est dans ces unités-là qu’on les prend en charge. C’est une unité dirigée par un pédiatre assisté d’infirmiers et des assistants-infirmiers. »

Ses spécificités ?

« C’est un service où on prend uniquement en charge les pathologies néonatales comme les prématurités et surtout les infections néonatales. Ce sont les pathologies les plus fréquentes qui y sont prises en charge. Ce sont des unités qui comportent des couveuses destinées aux prématurités. Il y a des tables de réanimation ou tables chauffantes comme on les appelle. Ce sont des tables qui permettent de réchauffer les bébés quand ils ont très froid ou de les prendre en charge en réanimation. On trouve aussi des berceaux pour les nouveaux nés plus ou moins stables. »

« On y utilise beaucoup d’électricité »

« Par rapport à son caractère ultrasensible, c’est un service dont l’accès est très réglementé parce que c’est comme un service de réanimation. Donc, on ne laisse pas entrer tout le monde pour éviter la propagation des germes. Comme les nouveaux nés sont très sensibles, l’accès est très (très) limité. Il y a des équipes spéciales pour entrer dans ce service de néonatalogie. C’est aussi un service où on utilise beaucoup d’électricité. Il y a beaucoup d’appareils qui y sont utilisés (tables chauffantes ou tables de réanimation, couveuses). Il y a beaucoup de matériels d’intubation, respirateurs, aspirateurs. C’est un service qui est vraiment à risques. Il y a donc nécessité d’avoir des bouchons d’incendie, des extincteurs… »

« Une surveillance rigoureuse des nouveaux nés »

« Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé à Tivaouane et si les infirmiers étaient là-bas ou pas. En tout cas, c’est un service où il y a une surveillance stricte et régulière des nouveaux nés. Après le service général jusqu’à 16 heures, il y aura la garde. Même au cours de la garde, il est formellement interdit qu’un personnel de soins quitte la salle de garde, sans être remplacé. C’est strict dans toutes les unités de néonatalogie au Sénégal. L’exemple que je peux donner, dans mon service, je n’autorise même pas au personnel de s’absenter même un moment. S’ils doivent le faire, ils doivent se relayer. Nous sommes conscients de l’importance de la surveillance des nouveaux nés. Parce que ce sont des êtres très sensibles et on doit faire attention à beaucoup de choses. On a même des scopes (désignant des instruments qui permettent une observation, un examen) pour surveiller les constantes en temps réel. Donc, c’est vraiment un service très coûteux qui demande beaucoup de matériels et une surveillance très rigoureuse. C’est incompréhensible qu’un service de néonatologie ne puisse pas avoir un infirmer et un assistant ».

Dié BA

27 mai 2022


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