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UNE GRATUITÉ PARCELLAIRE POUR LES BÉNÉFICIAIRES

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Astou Sokhna à Louga, il y a quelques semaines. Mamy Doura Diallo aujourd’hui à Kédougou. Il y a sans doute eu d’autres avant elles. Et peut-être après elles. La césarienne fait débat. Après avoir fait des dégâts. Parce qu’elle est la cause de la mort de certaines femmes. Et pourtant, cette opération chirurgicale, devenue presque banale, grâce au développement de la médecine, est censée sauver des vies. Et non faire perdre la vie. Le cas de Kédougou est l’occasion de revenir sur la gratuité de la césarienne, décidée par les autorités du Sénégal mais aussi les recours, parfois des médecins, parfois des patientes à cette pratique. Au-delà de l’actualité chaude de Kédougou, Bés bi va en profondeur. Enquête chirurgicale.

Etant un moyen pour lutter contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile, les accouchements par césarienne se font de plus en plus au Sénégal. Cette opération chirurgicale est en effet, pratiquée sur toute femme sénégalaise en état de grossesse dont l’état de santé ou celui du bébé nécessite le recours à cette voie. On peut ainsi noter des cas de césariennes obligatoires, des césariennes de nécessité et des césariennes de prudence. Selon l’Agence nationale de la couverture maladie universelle (Acmu), la césarienne est gratuite et cela depuis janvier 2005, date de mise en œuvre du programme de gratuité des accouchements et de la césarienne au Sénégal. Mais il s’avère que la gratuité n’est pas totale. En effet, d’après ladite entité le kit d’une césarienne coûte à l’Etat 85 000 Fcfa. Et sont concernées par cette gratuité toutes les structures de santé publiques du pays qui sont en mesure de pratiquer la césarienne à savoir les hôpitaux, les centres de santé avec bloc opératoire et les structures de santé qui assurent des Soins obstétricaux néonataux d’urgence (Sonu).

Les éléments gratuits d’une césarienne
Sur le site de l’Acmu, il est indiqué que les prestations suivantes sont gratuites : « L’acte opératoire, le bilan préopératoire, le kit de médicaments et de produits consommables accompagnant ledit acte, le séjour hospitalier n’excédant pas cinq (5) jours, les produits et les médicaments nécessaires à une réanimation éventuelle et le bilan y afférant ». Mais il se trouve que le débat sur la participation financière des usagers dans ce système de gratuité reste d’actualité au Sénégal.

Risque de mourir en couches dans les pays en développement
En 2016, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) indiquait qu’en moyenne les femmes ont beaucoup plus de grossesses dans les pays en développement que dans les pays développés. Et le risque de mourir du fait d’une grossesse au cours de leur vie est bien supérieur pour elles. Il est de 1/4900 dans les pays développés, contre 1/180 dans les pays en développement. Dans les pays connus pour leur fragilité, ce risque est de 1/54. Il est considéré comme une conséquence de la faiblesse des systèmes de santé. Le Programme de gratuité de l’accouchement et de la césarienne (Pgac) a été initié au Sénégal à la suite d’une décision présidentielle, afin de réduire les obstacles financiers auxquels faisaient face les femmes démunies. Reste à savoir si cet objectif est atteint au Sénégal.

3 septembre 2022

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