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« UNE MISE À L’ÉCHELLE EST EN COURS POUR... » (AMADOU THIAM)

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En attendant les nouvelles statistiques issues du recensement général de l’habitat et de la population, en 2023, le Sénégal compte plus de 350 000 demandeurs de logements, d’après les chiffres révélés par le Directeur général de la Construction et de l’Habitat du Sénégal, Amadou Thiam, devant le JDD, sur iRadio, ce dimanche 30 octobre 2022. « Ils sont entre 12 000 et 15 000 chaque année. Ce, au moment où nous produisions, dans les années 2012-2019, environ 5 000 unités d’habitation (logements et parcelles viabilisées à bâtir) », a-t-il estimé.

Il a ajouté que 271 000 ont été enregistrés sur la plateforme mise en place, sans compter ceux qui n’ont pas accès à la plateforme. Ce qui lui fait dire qu’« on doit être à des chiffres qui doivent nous interpeller davantage. » Il rappelle d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle le projet 100 000 logements a été formulé, et dont la campagne d’inscription a été lancée en décembre 2019.

Une mise à l’échelle est en cours pour 500 logements par mois
Aujourd’hui, le responsable du programme annonce une « mise à l’échelle » pour 500 logements par mois. « Depuis 1999, la Sn-Hlm n’avait pas reçu un seul hectare de l’État. Ils viennent de recevoir 50 hectares au niveau de Sébikhotane. Donc, la mise à disposition du foncier est maintenant relancée. Il faut dire qu’aujourd’hui, la Safru (Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine), nouvellement créée, est en train d’aménager plus de six sites. »

Par ailleurs, a-t-il signalé : « il va falloir faire un certain nombre de réformes pour pouvoir produire. C’est pour ça que l’ensemble de ces instruments sont sous le sceau du fast track (voie accélérée). Aujourd’hui, nous allons signer avec des promoteurs internationaux qui vont venir pour nous permettre d’aller à l’échelle. Nous avons dans notre pipe plusieurs promoteurs nationaux. Mais, pour pouvoir atteindre la vitesse de croisière, d’ici la fin de l’année, vous verrez un certain nombre de contrats internationaux avec des promoteurs qui vont allez dans des cadences d’environ 500 logements par mois. Cela nous permettra rapidement de résorber le gap ».

Plus de 600 000 emplois temporaires
Abordant le volet main-d’œuvre, il a renseigné « qu’une étude (réalisée) par le 3FPT a révélé que sur les quatorze régions, les neuf avaient un déficit en main d’œuvre pour réaliser les projets actuels. Ainsi, des emplois seront créés. La Direction de la planification et des études économiques nous a sorti le chiffre. La réalisation de ce projet nous permettra d’avoir plus de 600 000 emplois. Aujourd’hui, il est fondamental que nous puissions capter pour nos populations ces emplois certes temporaires. Notre dynamique de construction de logements ne va pas s’arrêter », a-t-il expliqué.

Parmi les réformes, il est également prévu d’ici la fin de l’année, a-t-il dit, de « refondre totalement » la fonction de « promotion immobilière » et de « redynamiser la coopérative d’habitat ». Dans ce sens, « on a le mouvement coopératif qui a commencé à s’essouffler parce qu’aussi ils avaient moins de foncier, moins accès à un financement adapté. Nous avons reçu instruction de redynamiser ces deux secteurs en assainissant le secteur de la promotion immobilière et en donnant davantage d’investissements aux coopératives », a-t-il justifié.

Autre innovation : « Le Fongip va accompagner et le Sénégal va signer les prochaines semaines avec le Fonds de solidarité africain, qui va accompagner un promoteur jusqu’à 15 milliards F CFA, par projet. Ce qui est totalement novateur, et va booster l’ensemble des secteurs que ce soient la Sicap, la Sn-Hlm, les promoteurs (public et privé) et les coopératives ».

La Sicap et la Sn-Hlm recevront, chacune, une enveloppe de 5 milliards F CFA
« C’est la volonté ferme du chef de l’État, (Macky Sall), réaffirmée lors de notre dernier entretien avec le ministre. (Qui) a même donné comme instruction au Fonds pour l’habitat social de remettre (à la Sicap et à la Sn-Hlm), chacune, cinq milliards F CFA pour tout de suite souffler. D’abord, les avantages qui leur permettaient d’être concurrentiels et d’être sociaux avaient disparus avec les ajustements structurels. Depuis 1999, la Sn-Hlm n’avait pas reçu du foncier. Le Président Sall, il y a de cela quelques semaines, leur a redonné 50 hectares à Sébikhotane. Sans foncier, l’immobilier ne pouvait pas démarrer. Si vous achetez votre foncier, vous êtes obligé d’être dans un certain type de prix. Nous allons leur redonner du foncier et nous allons les appuyer sur les questions de levée de fonds et de financements. Nous leur avons demandé de revenir aussi sur les questions de location simple et de location-vente. Pourquoi ? Si vous regardez le bilan de ces sociétés-là, ils ont de moins en moins de trésorerie. Parce que dans les années 1990, une bonne partie de leur parc locatif avait été cédé. Ce qui leur permettait de payer un certain nombre de charges et de pouvoir souffler ».

Dié BA
Pape Doudou DIALLO (Photo)

30 octobre 2022


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