VACCIN CONTRE LE COVID-19 : THÉODORE MONTEIL DÉPLORE LE MANQUE DE COMMUNICATION

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JURY DU DIMANCHE

Le Sénégal a reçu ses premières doses de vaccin Sinopharm. Elles sont au nombre de 200 mille et ont été réceptionnées par le chef de l’Etat. Ainsi, le démarrage de la campagne vaccinale est prévu pour le mardi prochain. Invité du Jury du dimanche, Théodore Chérif Monteil député de la majorité et directeur opérationnel de l’Union citoyen « Bunt Bii » a été interrogé sur la réception de ses premières doses de vaccin ainsi que la stratégie que les autorités étatiques devraient mettre en œuvre afin de convaincre les populations à se vacciner.

« CONFIER LA COM’ AUX BADIÉNOU GOXX, AUX IMAMS... »

D’emblée, il s’est félicité du vaccin contre le Covid-19 d’autant que malgré toutes les tentatives, n’importe où dans le monde, demeure une maladie difficile à éradiquer. Selon lui, le Sénégal n’a pas réinventé la roue et sa stratégie correspond à ce qui se fait un peu partout dans le monde. Cependant, il a émis deux critiques sur la stratégie de vaccination du Sénégal. D’après lui, non seulement le Sénégal n’a pas fait assez de prospectives mais également il y a un déficit de communication autour du vaccin. « On n’a pas fait assez de prospective. Le Sénégal aurait pu commander le vaccin un peu plutôt. On a mobilisé mille milliards, on aurait pu faire comme les autres pays. C’est-à-dire participer à la recherche, mettre de l’argent, faire du déposit et attendre d’être livré », a expliqué le parlementaire. Avant d’ajouter : « On a mis deux mois à attendre le vaccin et on n’a pas communiqué. On n’a pas sensibilisé les gens, on n’a pas expliqué qu’il n’y a aucun intérêt pour un gouvernement d’empoisonner son peuple. Il y a plein de choses qu’on aurait pu entamer entre la commande et aujourd’hui. Ce sont des couacs. Je pense qu’assez rapidement les autorités en charge de la campagne de vaccination vont s’y reprendre pour pouvoir combler le gap. Mais, le déficit communicationnel est déjà là ».

Pour corriger ses erreurs commises en amont, M. Monteil pense qu’il faut confier cette communication aux communicateurs, aux « Badianou Gox », aux imams, aux notables dans les quartiers. « Ce sont eux que les gens écoutent. L’autorité étatique est trop loin. Les gens ont des références qui sont proches d’eux donc, c’est avec eux qu’il faut partager la bonne information », indique le député de la majorité. A la question de savoir comment faire pour convaincre les Sénégalais à se vacciner, il indique qu’il ne faut pas réinventer la roue.

« MACKY, SON GOUVERNEMENT ET LES CHEFS RELIGIEUX DOIVENT ÊTRE LES PREMIERS À ÊTRE VACCINÉS »

Selon lui, ce sont les autorités étatiques, au premier rang, le président de la République qui doivent montrer la voie à suivre. Elles devraient être, à son avis, les premiers à être vaccinés. « Les premiers à être vaccinés, c’est le chef de l’Etat, ce sont les ministres, ce sont les chefs religieux, le professeur Seydi. Dès qu’ils vont se vacciner, ils montreront à tout le monde qu’il n’y a aucun danger à se faire vacciner. Il faut donner l’exemple en rassurant les populations ».

En effet, pour ces premières doses qui ont été reçues, les cibles sont le personnel sanitaire, les personnes vivant avec une comorbidité et les personnes âgées de plus de 60 ans. Mais, pour le député, le seul moyen de garantir la transparence dans la sélection des personnes qui doivent avoir droit à ce vaccin, c’est de laisser le comité de gestion des épidémies faire son travail. « Il faut qu’on laisse les techniciens, les maitres de l’art continuer le travail. On a les outils qu’il faut pour faire les bons choix ».

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