VEILLE DE SCRUTIN - ABIDJAN, LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

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PRÉSIDENTIELLE DU 31 OCTOBRE

Sans faire de vague, le soleil s’est couché dans les bras du ciel d’Abidjan, pour ce dernier jour de campagne électorale. L’atmosphère qui prévaut est loin de l’ambiance de lune de miel que chante Alpha Blondy, mais après avoir sillonné le pays ou prêché le boycott pendant 15 jours dans un contexte assez tendu, les candidats à l’élection présidentielle de ce samedi 31 octobre 2020 observent le calme avant la tempête.

Hier, pour la dernière salve en vue de séduire les électeurs, le président sortant, Alassane Dramane Ouattara, candidat à sa succession pour un troisième mandat, s’est offert une démonstration de force à Abobo, l’une des communes les plus peuplées du district d’Abidjan, mais également fief de son Premier ministre et ministre de la Défense, Amed Bagayoko. Devant un public largement acquis à sa cause, le leader du RHDP, la coalition au pouvoir, a répété, à l’envie, son discours de mise en garde.

«  Je vous demande d’aller voter. Samedi, personne ne doit rester à la maison. Vous devez aller voter et ensuite protéger les bureaux de vote contre ceux qui veulent foutre le désordre. La Côte d’Ivoire veut la Paix ! Nous n’accepterons pas le désordre  », clame-t-il.

Entre appel à la mobilisation pour ses jeunes militants et menaces à peine voilées, destinées à une certaine partie de l’opposition, restée intraitable sur le sujet clivant de l’illégalité de sa candidature, ADO a lancé son slogan, le fameux coup KO.

En face, le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin tente, tant bien que mal d’exister en jouant la carte de l’âge, lui le candidat le plus jeune. Mais, l’ancien député, âgé de 51 ans, déjà candidat malheureux en 2015, a dû mal à se frayer un chemin devant les mastodontes même s’il refuse de suivre la voie radicale de l’autre position. Lui, a tenu son dernier meeting, à Kumasi, en se présentant comme une alternative de deux camps extrémistes : « Le vote est un droit sacré. C’est même un devoir et il faut l’exercer. La violence n’est pas la solution. Je sais qu’il y a des difficultés, mais déserter les urnes n’est pas non plus la solution. Certains vous invitent explicitement à faire le choix de la violence, moi je vous invite à faire le choix de la paix.  »

Pour Alassane Ouattara, les deux adversaires les plus redoutables sont l’ancien président des années 90, Henri Konan Bédié et l’ex Premier ministre de Gbagbo, Pascal Affi Nguessan. Tous les deux ont opté pour le boycott de la campagne électorale, se cramponnant sur la stratégie de la désobéissance civile : « Un mot d’ordre irréversible, face à la forfaiture (la candidature d’ADO)  », estime Bédié.

S’ils ont échoué à trouver un consensus sur une candidature unique, Nguessan et Bédié ont tout de même pu trouver un point de convergence sur leur volonté de bloquer la tenue de la présidentielle, ce samedi, qu’ils assimilent à un coup d’état électoral. Ce qu’Ado n’entend pas de cette oreille…

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