VERS UNE ALLIANCE ENTRE LE NPP DE BARROW ET L’APRC DE JAMMEH

news-details
PRÉSIDENTIELLE GAMBIENNE

« En politique, il n y a pas d’ennemis ad vitam aeternam. Nos ennemis d’hier peuvent être nos meilleurs amis d’aujourd’hui ». C’est en ces termes que Fabakary Tombong Jatta, leader par intérim de l’APRC fondé par l’ancien président Yahya Jammeh, a révélé à la presse, ce lundi, les pourparlers en vue d’une coalition avec le parti du président gambien en quête de second mandat. Confirmant ainsi les rumeurs qui couraient en ce sens, au grand dam de l’association des victimes et les défenseurs des droits de l’homme en quête de justice et qui redoutent que les recommandations à venir de la Commission de réconciliation soient sacrifiées sur l’autel des compromis politiques. En marge d’un rassemblement, ce lundi, l’exécutif du parti s’est exprimé sur plusieurs points en prélude à la présidentielle de décembre prochain.

C’est après avoir déposé une pétition auprès du ministère de la Justice afin de montrer leur désapprobation sur les activités de la Commission vérité réconciliation et réparations dont le rapport est attendu dans les prochains jours que les membres de la direction de l’ancien parti au pouvoir ont fait face à la presse. Pour la première fois, suite à plusieurs démentis, la formation politique confirme l’existence de pourparlers en vue d’une coalition avec le parti de Barrow. « Nous nous voulons le plus réaliste possible, justifie Fabakary Tombong Jatta, leader par intérim du parti de Yahya Jammeh. En politique, nous n’avons pas d’ennemis permanents. Ils ont formé une coalition pour nous démettre du pouvoir mais nous sommes prêts aujourd’hui à nous allier avec le président sortant sans gêne. Nous défendons les intérêts de note formation et celui de notre leader en exil ».


« Alliance contre-nature »

L’un des arguments mis en avant par cette formation qui a dirigé la Gambie est qu’aujourd’hui aucun parti ne peut gagner seul un scrutin dans le pays. Mais une telle coalition est perçue comme « contre-nature » et est vue d’un très mauvais œil par l’association des victimes et les défenseurs des droits humains en quête de justice et qui redoutent que les recommandations à venir de la Commission de réconciliation soient sacrifiés sur l’autel des compris politiques. Une peur que minimise Doudou Jah, porte-parole de l’APRC.

« Il y a beaucoup de spéculations mais en Afrique tout régime a des victimes, avance-t-il. Ce n’est pas propre qu’a notre pays. Néanmoins, les préoccupations des victimes doivent être prises en compte. Nous n’y voyons aucun inconvénient. »

Quant aux recommandations de la Commission de réconciliation attendue dans les prochains jours, l’ex-parti au pouvoir dit n’avoir aucune attente particulière. Pour lui, cette structure n’a été qu’un « instrument politique et judiicaire pour persécuter le parti et son fondateur ».

Vous pouvez réagir à cet article