VIDEO - LANDING SAVANÉ PROPOSE LA DÉLOCALISATION DE LA CAPITALE À KAFFRINE, AU CŒUR DU PAYS

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GESTION DES INONDATIONS

Dans le dernier jet de cet entretien qu’il nous a accordé, Landing Savané évoque avec nous la question de la gestion des inondations à Dakar et dans les grands centres urbains du pays. Pour le démographe de formation, la capitale sénégalaise étouffe et il faudrait songer à la délocaliser dans une cité plus centrale, comme Kaffrine.


On apprend que vous êtes démographe. Comment cela se fait-il que Dakar vive encore la hantise des inondations et que le plan Orsec soit déclenché ?

« Quand une capitale grandit sans aucun contrôle, surtout dans une zone où il y a les Niayes et des quartiers périphériques, les inondations sont monnaie-courante. Ça n’a pas commencé aujourd’hui, on vit avec ces inondations depuis combien de décennies. Il y a des décennies, je disais que la capitale du Sénégal, si c’était moi, je la transfère à l’intérieur du pays. »

Où par exemple ?

« N’importe où. C’est ton pouvoir de choisir quoi qu’on dise. Moi, je serais allé vers Kaffrine. Parce que c’est en plein milieu du pays. Il vaut mieux être dans un endroit plus au milieu du pays qu’être au bord de la mer. La mer, c’est pour l’extérieur. C’est pour les économies extraverties, on donne la priorité aux échanges avec l’Europe, l’Amérique, etc. Mais quand on va à Kaffrine, on donne la priorité à la gestion du pays. Là, on est plus conscient des problèmes, et on les règle. »

Quid de Diamniadio, la "ville nouvelle" ?

« Tout ça, ce sont des choses qui ont été créées surtout pour l’extérieur, il ne faut pas se cacher la réalité. C’est bien, je ne suis pas contre Diamniadio ni Dakar mais la capitale du pays, pour moi, c’est pour le pays d’abord. Et on n’a pas besoin d’être à Diamniadio ou à Dakar pour diriger le pays. On a plutôt besoin d’être au cœur du pays pour être en contact avec tous les acteurs dans les meilleures conditions, et être en mesure de se rendre même nuitamment dans tel ou tel endroit pour regarder ce qui se passe. (A Kaffrine), il y a quand même un environnement plus ingrat, plus austère. Tandis qu’à Dakar, bref, je ne vais pas détailler mais je ne parle pas pour le pouvoir actuel d’ailleurs parce que ce n’est pas mon problème. Je dis que le pouvoir depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui a privilégié le confort d’une gouvernance aisée comme à l’image du Gouverneur général de l’AOF qui était à Dakar. On a suivi la voie tracée par la colonisation alors qu’il fallait rompre avec cette voie pour créer un développement autocentré et auto-entretenu. »

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