VIDÉO - SUPERLEAGUE, INGÉRENCE EN AFRIQUE, PROJETS... INFANTINO RÉPOND À EMEDIA

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FOOTBALL

Tout juste après le 71e Congrès annuel de la FIFA, Gianni Infantino a tenu une conférence de presse, en visioconférence en direct de Zurich, pour évoquer les sujets brûlants de l’actualité du football mondial. Entre réformes envisagées, polémiques entretenues et inquiétudes partagées, le président de l’instance dirigeante du football mondial a été soumis au feu roulant des questions d’un panel de journalistes. Pour l’Afrique, il a répondu aux interrogations d’Emedia, portant sur son ingérence supposée dans la gestion de la CAF avec ses multiples déplacements sur le continent ou encore le paradoxe entre la Superligue africaine portée par la FIFA alors que celle européenne est rejetée.


À la question de savoir s’il n’y avait pas un certain paradoxe entre le fait de promouvoir une superligue en Afrique et, quelques semaines plus tard, déplorer de façon véhémente le même type de compétition en Europe, Infantino a expliqué, avec détails, que les contextes économiques différents justifiaient de telles positions.

« J’avais proposé la Superligue africaine, mais après consultation avec la CAF (Confédération africaine de football). C’est un projet de ligue panafricaine, de Super League, si vous voulez. Parce que la situation en Europe, et en Afrique, ne sont certainement pas comparables. Aujourd’hui, la Champions League de l’UEFA génère deux ou trois milliards, la Champions League de la CAF génère peut-être vingt millions. Ce n’est pas comparable. Ça coûte de l’argent aux clubs de participer à la Champion’s league.

Aujourd’hui, le combat est de faire en sorte que les footballeurs africains de qualité restent sur le continent pour relever le niveau. Oui, les meilleurs peuvent dans les meilleurs clubs au monde. Mais remarquez : les deuxièmes vont dans des clubs de mi classement, les troisièmes dans des pays moyens en Europe. Les quatrièmes, ils vont dans l’Est, les cinquièmes, en Asie, et ceux du sixième rang, ils restent en Afrique. Il faut faire quelque chose pour que les talents africains restent en Afrique, pour que les meilleurs aillent au Real Madrid, à Manchester City ou United, Barcelone. C’est bien mais qu’au moins les deuxièmes restent en Afrique et rendent le continent fier de ce qu’ils peuvent faire. Ce n’est pas de la science-fiction. Ce n’est pas non plus très compliqué de mettre sur pied une Super League africaine. Certainement qu’on va en parler avec les dirigeants africains, on en avait d’ailleurs déjà parlé, et si la FIFA peut aider, on est là pour ça », a-t-il expliqué.

Infantino a également relevé "un manque structurel de moyens terrible" pour expliquer les difficultés que l’Afrique a pour retenir ses talents et promouvoir des compétitions de qualité, notamment en clubs.

À propos de ses voyages fréquents dans le continent, aux airs d’ingérence, le patron du football mondial a dégagé en touche, se cachant derrière la nécessité d’accompagner les 54 associations membres.

« Ça fait des années que je me promène en Afrique. J’ai visité 45 pays africains ces quatre dernières années. A chaque fois, je visite les écoles, les fédérations, à chaque fois, il y a des promesses, et après on essaie, avec les moyens du bord, d’avancer. Je crois beaucoup en l’Afrique. C’est un vrai défi mais c’est un défi qu’on va gagner si on travaille ensemble. Les 54 pays africains, avant d’être membres de la CAF, ils font partie de la FIFA. C’est une partie de la FIFA. C’est pour cela quand le président de la FIFA se rend en Afrique, il va voir ses membres. Il faut se mettre ça dans la tête. Quand je vais en Afrique, je suis africain. Quand je vais en Asie, je suis asiatique… Parce qu’on est tous la FIFA et qu’on doit essayer de grandir ensemble. »

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