VIDEO - TIDIANE DÈME : « NOUS N’AVONS TOUJOURS PAS CRÉÉ DES OPÉRATEURS D’INFRASTRUCTURES »

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E-TECH

Invité des supports médiatiques du groupe e media Invest (emedia.sn, iRadio 90.3 FM et iTV, Canal 15 sur la TNT), Tidiane Dème a détaillé le business model et les différents pans de sa nouvelle trouvaille qui, par le principe du capital-risque, intègre le capital de plusieurs start-up du continent, pour les aider à mieux se structurer et se lancer à la conquête de plus grands marchés. Avec lui, nous avons parlé de la démocratisation de l’accès à Internet dans nos pays, de la volonté de créer des champions Tech sur le continent, mais également de financement des start-up et de politique numérique des Etats africains, à l’heure où le Sénégal est en pleine campagne électorale.

Ancien Directeur de Google Afrique Francophone, Tidiane Dème était, ce dimanche, l’invité de l’émission E-Tech sur les supports du groupe Emedia Invest (iRadio, Emedia.sn et iTv). Le Co-manager de Partech Africa a abordé plusieurs sujets, notamment la politique numérique de nos pays africains. Selon lui, l’économie numérique est quelque chose de beaucoup plus complexe et plus riche que les télécommunications.

Les télécoms, à son avis, sont le substrat nécessaire et le premier sur lequel se construit l’économie numérique. « Le Code des télécoms doit être modernisé. Nous avons aujourd’hui au Sénégal un marché des télécoms qui n’est pas suffisamment segmenté. Nous avons de gros opérateurs mais nous n’avons toujours pas créé des opérateurs d’infrastructures. Nous n’avons toujours pas une diversification des fournisseurs d’accès qui vont amener toute cette infrastructure », a-t-il expliqué.

Avant d’ajouter : « En 2002, le Sénégal avait 12 à 15 fournisseurs d’accès à internet (FAI), aujourd’hui on parle d’en avoir 3. C’est un recul. Nous devons retourner à beaucoup de fragmentations. Le Kenya a aujourd’hui plus de 40 FAI. Alors que le Kenya, en 2010, regardait avec envie les Sénégalais qui avaient accès à un Broadband. Aujourd’hui, n’importe qui, au Kenya, a accès à une connexion Broadband beaucoup plus rapide, beaucoup moins cher qu’au Sénégal parce qu’on a démultiplié les acteurs qui les servent. »

L’intégralité de l’émission, que vous pouvez également retrouver dans le programme d’iTv, canal 15 sur la TNT

S’agissant de la démocratisation de l’accès à internet, Tidiane Dème pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas nier que tout le monde, sur son portable, a accès à un débit très correct pour faire beaucoup de chose sur son téléphone portable. Mais, relativise-t-il, on ne doit pas dormir sur nos lauriers. Car, explique-t-il : « Pour une Pme aujourd’hui qui a besoin d’un très haut débit pour tenir des vidéoconférences et travailler à l’international, l’offre est encore très pauvre et très chère. Ce n’est pas une volonté des opérateurs, c’est un problème d’infrastructure et un problème de structuration du marché ».

A l’en croire, ces problèmes sont d’ordre économique et doivent être résolus par un régulateur qui a une approche très économique du marché. Auparavant, M. Dème a fait savoir que tous les Etats Africains y compris le Sénégal ont cette ambition d’utiliser la technologie et le digital pour régler des problèmes de croissance économique, des problèmes de création d’emploi, de gouvernance, d’éducation et c’est une ambition légitime.

Cependant, Tidiane Dème indique que la transformation de cette ambition en réalité est quelque chose de plus difficile. « Nous devons être beaucoup plus clairs et précis sur ce que nous voulons. Pour pouvoir trouver les bonnes politiques et les exécuter, il faut aller très profondément dans la compréhension de l’industrie, dans son analyse et dans les leviers sur lesquels on doit réellement s’appuyer pour transformer l’industrie numérique », a-t-il souligné.

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