VIVES TENSIONS À BANJUL APRÈS LA MORT D’UN SIERRA-LÉONAIS EN GARDE À VUE

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GAMBIE

Banjul et ses environs étaient en ébullition Mercredi, 24 juillet, après qu’un individu est décédé en détention. Ousmane Dabo, un ressortissant sierra-léonais, vendeur de téléphones portables a succombé hier à ses blessures contractées après plus d’une semaine entre les mains des policiers de la lutte contre la délinquance et le grand le banditisme. Un crime de trop pour les populations qui sont massivement descendus sur le terrain pour réclamer justice. Bilan : plusieurs blessés et des dégâts matériels sont à déplorer. Des scènes de pillages ont été également signalées. La police appelle au calme et une enquête a été ouverte.

Pour les populations de Banjul et ses environs, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils étaient des milliers à protester violemment hier dans différents quartiers et lieux stratégiques de la capitale gambienne après la mort d’Ousmane Dabo, ressortissant sierra léonais établi depuis une vingtaine d’années au marché de Serrekunda. Il y a 15 jours, celui-ci avait été arrêté pour recel et complicité de vols par les éléments de la police chargée de la lutte contre la délinquance et le grand banditisme. Détenu pendant plus d’une semaine sans être déféré, Ousmane Dabo, a succombe hier à ses blessures contractées lors d’interrogatoires. La nouvelle se répand comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. Dans l’après-midi, hier, les commerçants ont baissé rideau avant de descendre dans les rues et s’attaquer aux commissariats. Serrekunda, Bijilo, Talinding etc, plusieurs quartiers de la banlieue de Banjul étaient en ébullition.

Il faut dire que cette unité de la police avait fait beaucoup parler d’elle récemment. Un étudiant arrêté pour un délit de vol a connu le même sort entre les mains des forces de l’ordre. Depuis cette tragédie, son bourreau est en fuite. Un sentiment d’injustice qui suscite l’ire des populations qui ne cessent de dénoncer la brutalité des policiers. Dans la soirée, la presse locale a fait état d’une dizaine d’arrestations et de plusieurs blessés. L’armée a été appelée en renfort sur les principales artères pour éviter les scènes de pillages signalées, çà et là.

Certains observateurs parlent d’une frustration latente d’une jeunesse désœuvrée dont la plupart évoluant dans le secteur informel. Dans un communiqué rendu public, hier soir, la police a appelé au calme, tout en assurant qu’une enquête a été ouverte pour situer les responsabilités.

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