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YES WE CAN ! LE CAMEROUN TIENT ENFIN SA MESSE DOMINICALE

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« On va canner ! On va bien canner ! » Il est heureux de voir les Camerounais prendre, avec leur humour légendaire, la situation ubuesque qu’ils ont vécue dans leur chair avec l’organisation de cette 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Ils sont passés par toutes les émotions, de l’inquiétude à la colère, de l’espoir à la peur, de la tristesse à l’impuissance… Désormais, place donc au grand soulagement !

« On va canner ! On va bien canner ! » Il est heureux de voir les Camerounais prendre, avec leur humour légendaire, la situation ubuesque qu’ils ont vécue dans leur chair avec l’organisation de cette 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations. Ils sont passés par toutes les émotions, de l’inquiétude à la colère, de l’espoir à la peur, de la tristesse à l’impuissance… Désormais, place donc au grand soulagement !

Ce dimanche, 9 janvier 2022, quand le coup d’envoi de l’affiche Cameroun – Burkina Faso sera enfin donné sur la pelouse du stade Olembé, joyau aussi magnifique que controversé, un immense sentiment de fierté habitera ce peuple qui est décidément indomptable. Sept ans, trois mois et dix-neuf jours après avoir hérité, de l’organisation de cette édition de la CAN pour 2019, pour une édition à 16 équipes, comme d’un cadeau d’adieu de l’ex-président camerounais de la CAF, Papy Issa Hayatou, le pays de “Popol” Biya va donc savourer sa victoire sur le terrain politico-diplomatique, en attendant de voir ce que la pelouse très scrutée du stade Olembé lui réservera, cinq ans après son cinquième et dernier sacre acquis chez le voisin Gabonais.

Aux oubliettes, les innombrables errements de ses dirigeants dans la gestion de ce dossier. Emporté par le vent, le stress omniprésent véhiculé par le virus du Covid et ses innommables variants dont un, comme pour en rajouter à la thèse complotiste, serait même découvert ici, au Cameroun. À la poubelle, les nombreux reproches qui peuvent être faites à la Confédération africaine de football (CAF) impossible à absoudre dans ce tohu-bohu qui n’aura que trop duré. Au diable, surtout, les craintes et les complaintes des clubs européens, certes employeurs de la grande majorité de ceux qui feront le spectacle entre Bafoussam, Douala, Gaoura, Limbé et Yaoundé.

La CAN aura bien lieu au pays de Samuel Eto’o, son légendaire buteur devenu président de fédération au meilleur moment pour son ego et pour la conscience de ses compatriotes.

On en viendrait même à oublier le plus important : le jeu et les joueurs. Eux non plus ne sont pas exempts de reproches, notamment les dignes héritiers de Eto’o sur les pelouses du monde entier qui disparaissent dès le coup de sifflet final, naïfs de croire qu’on peut comprendre quelque chose au football en ne s’intéressant qu’au football. Mais tout un continent est en passe de les absoudre de tout péché, pour peu qu’ils nous enchantent du 9 janvier au 6 février. À nos étoiles donc, les acteurs principaux, de nous faire vibrer et oublier l’interminable chemin de croix qui a conduit à la célébration de la grande messe du football africain. Dimanche, c’est le jour du Seigneur.

Babacar Ndaw FAYE
Envoyé spécial au Cameroun

9 janvier 2022


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