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ZOOM SUR LE GRAND ECUEIL

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5 sur les 7 syndicats d’enseignants ont décidé de lever leur mot d’ordre. Les Cusems et le Saemss attendent le retour de leur base. Mais il faut noter que la méfiance entre les parties explique, en grande partie, les lenteurs notées pour la signature des accords.

S’il y a quelque chose de constant dans les relations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, c’est bien un manque de confiance. Cette thèse semble se confirmer par la démarche des syndicats qui demandent que toutes les décisions soient paraphées dans des documents dont ils détiendront des copies. Les nombreux protocoles d’accords prouvent à suffisance cette méfiance entre les acteurs.

En effet, le 17 avril 2014, un protocole avait été signé entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement, 4 ans plus tard en 2018, plus précisément le 30 avril, un autre avait été conclu, et le dernier en date remonte au 25 février 2022. Mais entre les 5 syndicats seulement, puisque les 2 autres membres du G7 ont décidé de consulter leur base. Et pourtant, en 2014, le ministre du Travail d’alors, Mansour Sy, avait soutenu face à la presse : « Le gouvernement a signé des accords réalistes et réalisables. »

Cette assurance n’a pas empêché les syndicats d’enseignants d’aller en grève puisque de nombreux plans d’actions ont été déroulés. Dans ce même contexte, un Haut conseil du dialogue social (Hcds) a été créé, des séances de monitoring ont été tenues en vue d’examiner ces accords mais cela n’a pas véritablement porté ses fruits. En juin 2016, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne avait menacé de radier les enseignants après une série de contestations menée par les syndicats d’enseignants. Il a fallu l’intervention de chefs religieux et des acteurs de la société civile. 6 ans après, l’on se retrouve dans la même situation.

Les enseignants doutent de la sincérité et de la fiabilité des chiffres
Un autre protocole d’accords a été signé dans la nuit du vendredi au samedi par une partie du G7. Il porte sur la revalorisation de l’indemnité d’enseignement, le relèvement et la modulation de l’indemnité de logement ; la défiscalisation de l’indemnité compensatoire de surcharge horaire et le maintien de sa dénomination initiale. Pour cette fois-ci également, la confiance n’était pas au rendez-vous.

A titre d’exemple, lors de la rencontre du vendredi 25 février 2022, les syndicats d’enseignants ont demandé à la société civile d’être garante de ces accords signés. De plus, les chiffres avancés par le ministre du Budget avaient suscité quelques suspicions chez les enseignants. Pour preuve, les secrétaires généraux avaient émis des recommandations issues des Assemblées générales portant essentiellement sur la nécessité de confirmer la sincérité et la fiabilité des chiffres avancés par le gouvernement. En plus, pour matérialiser ces augmentations, ils ont exigé d’Abdoulaye Daouda Diallo un arrêté interministériel fixant les augmentations nettes par corps comme cela a été le cas pour les agents des autres ministères.

Suzanne SY

28 février 2022


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