L’Alliance Pour la République (APR) s’est inclinée devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne et a prié pour le repos de leur âme. Dans une déclaration rendue publique à Dakar, le parti d’opposition dresse un tableau sombre de la situation nationale et fustige ce qu’il qualifie d’« incurie » du pouvoir en place.
Selon l’APR, l’année 2025 restera comme l’une des plus éprouvantes pour le peuple sénégalais, confronté simultanément à des crises politique, économique, sociale et morale d’une gravité exceptionnelle. Le parti estime que les Sénégalais, abandonnés à leur sort, vivent aujourd’hui à la limite de ce qui est humainement acceptable. Il parle d’une année marquée par des reniements et des forfaitures illustrant, à ses yeux, l’incompétence d’un pouvoir « désespérément dépassé ».
L’APR juge sans impact la tournée économique du Président de la République en Casamance, y voyant essentiellement une appropriation des projets hérités du régime sortant. Le message à la Nation n’aurait, selon elle, apporté aucune perspective crédible pour redonner espoir aux populations, hormis l’annonce de réformes constitutionnelles par voie parlementaire, que le parti dit rejeter « avec la dernière énergie ».
Pour l’Alliance Pour la République, le problème du Sénégal n’est pas institutionnel. Le pays, rappelle-t-elle, a connu trois alternances démocratiques et pacifiques. Les véritables défis seraient d’ordre économique, social et liés à une gouvernance en deçà des standards requis. Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a aucune pertinence, rappelant que la CENA a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité.
La déclaration évoque un blocage économique attribué à des mesures jugées « tatillonnes, ineptes et hasardeuses », une diplomatie affaiblie, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse croissant, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèserait lourdement sur le quotidien des ménages. Une situation que l’APR juge insoutenable et appelée à s’aggraver davantage en 2026.
Le parti estime que le pouvoir, empêtré dans une crise généralisée inédite, affiche ostensiblement son incapacité à gouverner, miné de l’intérieur par des tensions au sommet de l’Exécutif. Il met en cause un Premier ministre qu’il qualifie de faible et un Président de la République qu’il juge en deçà des exigences de sa fonction.
L’APR accuse par ailleurs le Premier ministre Ousmane Sonko d’être obsédé par l’élection présidentielle de 2029 et de s’engager, selon elle, dans une entreprise dangereuse de déstabilisation des fondements de l’État de droit. Elle dénonce une judiciarisation de l’espace public visant à obtenir, illégalement, une issue favorable dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang, et appelle les magistrats à ne pas céder à ce qu’elle considère comme des pressions politiques.
La déclaration revient également sur les propos du Premier ministre relatifs à la campagne arachidière et au fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR juge particulièrement graves ses déclarations accusant ses ministres, les livrant à la vindicte populaire, et affirmant que le Sénégal ne disposerait pas d’un gouvernement digne de ce nom. Elle s’indigne surtout de l’appel fait au ministre des Finances et du Budget à mobiliser, au besoin, des ressources financières en dehors des circuits légaux, évoquant des dizaines de milliards obtenus en quelques jours hors de toute orthodoxie financière.
Pour l’Alliance Pour la République, l’évocation d’une prétendue « ingénierie financière » relève de la démagogie et constitue un aveu d’impuissance coupable. Elle affirme que vaincre le pouvoir du Pastef est désormais, plus que jamais, la seule voie pour sortir le pays du marasme et répondre aux aspirations profondes du peuple sénégalais.
En conclusion, l’APR a salué la brillante qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, y voyant une source de fierté et de réconfort pour le pays.
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