Face à la recrudescence des accidents de la circulation aux conséquences de plus en plus meurtrières, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a annoncé une série de mesures urgentes, dont le rappel de l’ensemble des bus de type minicar, communément appelés « Cheikhou Charifou », pour une visite technique renforcée et centralisée à Dakar.
Cette décision fait suite à une large rencontre nationale ayant réuni l’ensemble des acteurs du secteur des transports. Selon le ministre, les échanges ont permis de partager un constat préoccupant et d’appeler à une responsabilité collective, tout en soulignant la nécessité pour l’État de prendre des mesures fortes, concertées et strictement appliquées. Yankoba Diémé a indiqué que 25 mesures issues des États généraux des transports publics, validées presque à l’unanimité par les acteurs ; une démarche qualifiée d’inédite, ont été transmises au président de la République, qui a donné son accord pour leur mise en œuvre.
Dans l’immédiat, et en attendant les réformes structurelles inscrites dans un calendrier défini par le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministère a décidé d’agir rapidement pour stopper ce qu’il qualifie d’« hémorragie » sur les routes. Parmi les mesures prioritaires figure le rappel obligatoire de tous les véhicules de type « Cheikhou Charifou » pour un contrôle technique approfondi, visant à vérifier la conformité des aménagements intérieurs avec les informations figurant sur les cartes grises, notamment en ce qui concerne le nombre de passagers autorisés et le transport des bagages.
Le ministre a également annoncé que, désormais, la réception technique de ces véhicules sera exclusivement centralisée à Dakar, seule ville disposant actuellement des équipements adéquats pour ce type de contrôle. Cette centralisation permettra de renforcer le filtrage dès l’entrée en circulation des véhicules concernés. Par ailleurs, il a été décidé de faire respecter avec rigueur l’obligation de départ des véhicules à partir des gares routières réglementées, alors qu’une grande partie des transports interurbains opèrent encore en dehors de ces infrastructures.
Une vaste campagne de sensibilisation impliquant l’ensemble des acteurs du secteur sera également lancée, avec l’appui de la Direction générale des transports routiers et à travers une tournée nationale. Le délai accordé aux transporteurs pour se conformer aux nouvelles exigences est fixé à deux mois. Des dispositifs spécifiques seront mis en place dans plusieurs centres à Dakar, notamment au service de visite technique et à Diamniadio, afin de faciliter les contrôles.
À l’issue de ces opérations, les véhicules jugés conformes recevront des hologrammes spécifiques leur permettant de reprendre la route, tandis que ceux qui ne le seront pas devront procéder aux corrections nécessaires avant toute remise en circulation. Le ministre a enfin annoncé que d’autres mesures structurantes, telles que la limitation de la vitesse par le plombage des véhicules, sont à l’étude et seront déployées à moyen terme afin de renforcer durablement la sécurité routière.
Babacar Seck, Emedia Rufisque







