La commune de Dioulacolon a accueilli, comme chaque année depuis la disparition en 2000 d’Omar « Laamdo » Baldé, ancien chef de canton du Komoko (sud-est de Kolda) et vétéran de l’armée coloniale française, la cérémonie commémorative dédiée à sa mémoire. L’édition 2026 s’est déroulée dans un climat de ferveur et de cohésion sociale, rassemblant des fidèles venus de différentes localités du Fouladou et au-delà.
Au-delà de l’hommage rendu à l’illustre disparu, la rencontre a servi de cadre de réflexion collective sur les enjeux et défis socioéconomiques auxquels fait face la région. Plusieurs intervenants se sont succédé à la tribune, dont le Pr Moussa Baldé, par ailleurs président du Conseil départemental de Kolda.
Religieusement écouté par l’assistance, le Pr Baldé a livré un véritable cours magistral axé sur la nécessité de l’unité, de l’éducation et de la cohésion sociale comme leviers essentiels du développement.
« Notre défi n’est pas seulement de suivre des règles, mais de construire ensemble le socle d’un développement harmonieux où chaque geste individuel devient une pierre à l’édifice de notre prospérité », a-t-il déclaré, avant de souligner l’importance de l’unité comme condition sine qua non.
Poursuivant son propos, il a précisé :
« L’unité est importante, mais s’unir autour de l’intérêt supérieur de la nation est encore plus noble. Pour qu’il y ait unité, il faut s’écouter, dialoguer et promouvoir un développement harmonieux, tout en réduisant l’égoïsme dans nos actes quotidiens. »
Le président du Conseil départemental de Kolda a également insisté sur la centralité du savoir et de la formation :
« Faisons de la recherche du savoir une obsession et de la formation une priorité si nous voulons développer notre contrée. Beaucoup des érudits dont nous écoutons aujourd’hui les sermons sont allés chercher le savoir jusqu’au Fouta, parce que le savoir est la clé qui ouvre toutes les portes du monde. »
Dans une intervention plus longue qu’à l’accoutumée, le professeur titulaire des universités a misé sur une pédagogie ponctuée de paraboles pour mettre en lumière les facteurs expliquant le retard de développement du Fouladou. Selon lui, le remède passe nécessairement par l’éducation et la formation, mais aussi par la promotion de la cohésion sociale, de la droiture et du vivre-ensemble.
Cette cérémonie commémorative, devenue au fil des années un rendez-vous majeur dans la commune de Dioulacolon, confirme ainsi sa vocation : honorer la mémoire d’Omar « Laamdo » Baldé tout en fédérant les populations autour d’une vision commune pour l’avenir du Fouladou.
Seydou Diatta -Emedia Kolda






