L’ONG Action Humaine pour le Développement Intégré au Sénégal (AHDIS) s’est dite profondément attristée par le décès tragique d’un étudiant de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), survenu le lundi 9 février 2026 à la suite d’affrontements sur le campus. Dans un communiqué daté du 10 février 2026 à Dakar, l’organisation a présenté ses condoléances à la famille du défunt, à la communauté estudiantine ainsi qu’à l’ensemble de la nation.
Pour AHDIS, ce drame dépasse le cadre d’un simple incident et révèle une crise structurelle qui affecte depuis plusieurs années l’enseignement supérieur sénégalais. L’ONG pointe notamment une gouvernance qu’elle juge inaboutie, marquée par le flou juridique entourant les décrets d’application de la réforme des conseils d’administration, maintenant selon elle les universités dans une gestion hybride et inefficace.
L’organisation évoque également une précarité sociale persistante sur les campus, alimentée par les retards récurrents dans le paiement des bourses et par la cherté de la vie universitaire. À cela s’ajouterait une rupture de confiance entre les autorités académiques et les étudiants, en l’absence de mécanismes internes de médiation, favorisant ainsi des confrontations directes avec les forces de défense et de sécurité.
AHDIS condamne fermement le recours à la violence, quelle qu’en soit l’origine, et déplore ce qu’elle considère comme une atteinte aux franchises universitaires. « La mort d’un étudiant en quête de savoir est une perte irréparable pour le développement du Sénégal », souligne l’organisation.
Face à la gravité de la situation, l’ONG appelle à un apaisement immédiat, notamment par le retrait des forces de police du campus et la suspension des mesures coercitives au profit du dialogue. Elle demande également l’ouverture d’une enquête diligente et transparente afin de situer les responsabilités dans le décès de l’étudiant.
Sur le plan social, AHDIS plaide pour la régularisation sans délai du paiement des bourses et la réouverture effective des services sociaux universitaires, notamment les restaurants et les logements. L’organisation recommande par ailleurs une révision inclusive de la loi n°2015-26 du 28 décembre 2015 relative aux universités publiques, afin de garantir une autonomie réelle et une gestion plus transparente des établissements.
Enfin, elle préconise l’institutionnalisation de cadres permanents de concertation entre rectorats, syndicats et amicales d’étudiants pour prévenir de nouvelles crises. Par la voix de son président, Amacodou Diouf, AHDIS réaffirme que l’université doit demeurer un espace de savoir, de débat intellectuel et de construction citoyenne, et non un terrain d’affrontement.
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